211 725 voitures équipées du moteur 1.2 Hybrid sont rappelées en France par Stellantis pour un risque de surchauffe pouvant aller jusqu’à un départ d’incendie dans le compartiment moteur. Le groupe évoque un défaut d’assemblage lié à un espace insuffisant entre deux éléments proches du système 48 volts, avec un scénario aggravé par l’humidité et l’infiltration d’eau.
Le rappel touche des véhicules immatriculés entre 2023 et 2026, répartis sur plusieurs marques du groupe. Stellantis indique avoir recensé 36 incidents au total, dont 12 ayant conduit à un début d’incendie, sans blessé signalé. La correction annoncée se veut simple, gratuite, et réalisée en environ 30 minutes en atelier, mais l’ampleur de la campagne pose déjà des questions très concrètes d’organisation côté clients et concessions.
Stellantis recense 36 incidents, dont 12 débuts d’incendie
Sommaire
- 1 Stellantis recense 36 incidents, dont 12 débuts d’incendie
- 2 Le défaut concerne l’alterno-démarreur 48 V et le conduit du FAP
- 3 Peugeot, Citroën, DS, Opel, Fiat, Jeep, Alfa Romeo et Lancia impliqués
- 4 Une réparation gratuite annoncée en 30 minutes dans le réseau
- 5 Un rappel massif qui relance la question de la confiance
- 6 À retenir
- 7 Questions fréquentes
- 8 Sources
Le point qui fait grimper la tension, ce n’est pas une panne “classique”, c’est la perspective d’un événement thermique sous le capot. Stellantis parle d’un risque potentiel de départ d’incendie et chiffre les cas connus, 36 incidents, dont 12 avec un début d’incendie dans le compartiment moteur. Aucun blessé n’a été signalé, ce qui compte, mais le sujet reste sensible, parce qu’un feu, même contenu, laisse rarement une voiture et un conducteur indemnes sur le plan matériel.
Le groupe insiste sur un “taux d’occurrence faible”. C’est audible sur le papier, 36 cas rapportés face à des centaines de milliers de véhicules en circulation, mais la perception change quand on se met à la place d’un conducteur. Marc, 42 ans, propriétaire d’un SUV compact micro-hybride, résume le sentiment, “je peux accepter un rappel pour une mise à jour, mais un risque de feu, même rare, ça ne se discute pas, je veux une date d’atelier vite”.
Ce rappel intervient aussi dans un contexte où la fiabilité des petites motorisations essence du groupe a déjà été très commentée ces dernières années. La nuance, importante, c’est que le problème décrit ici ne vise pas directement le “bloc moteur” comme pièce centrale, mais une proximité entre composants et une protection jugée insuffisante au niveau du 48 V. Mais dans l’esprit du public, tout se mélange vite, et Stellantis joue une partie de confiance.
La mécanique du risque est assez précise pour être comprise sans être technicien. Dans certaines conditions, surtout humides, une infiltration d’eau combinée à un contact possible entre pièces peut déclencher un arc électrique. Et un arc, c’est le genre de phénomène qui transforme un simple défaut d’isolation en surchauffe. Ce qui est critiquable, c’est qu’un problème de “jeu” entre composants, donc de conception ou d’assemblage, finisse par mobiliser plus de 200 000 clients.
Le défaut concerne l’alterno-démarreur 48 V et le conduit du FAP
La cause avancée par Stellantis tient à un espace insuffisant entre le conduit du filtre à particules et le capuchon de protection de l’alterno-démarreur 48 V, souvent désigné comme BSG dans le jargon. Quand cet espace est trop faible, un contact peut se produire. Ajoutez l’humidité, une infiltration d’eau, et le scénario devient électrique, au sens littéral, avec un arc susceptible de provoquer une surchauffe.
Ce point est intéressant parce qu’il montre un risque “système”, pas un composant isolé qui casse. Dans un compartiment moteur moderne, tout est compact, les faisceaux, les conduits, les protections, et l’intégration du micro-hybride ajoute des éléments électriques supplémentaires. Un technicien interrogé en atelier, qui demande l’anonymat, explique que “sur une architecture 48 volts, l’isolation et les distances sont surveillées de près, parce que la moindre faiblesse peut se traduire par des traces d’échauffement”.
Le rappel vise des versions 110 ch et 145 ch du 1.2 micro-hybride. Ce détail compte, parce qu’il délimite la population concernée. On parle d’un ensemble de véhicules assemblés entre 2023 et 2026, sans que la plage exacte de production soit détaillée publiquement à ce stade. Pour l’automobiliste, la conséquence pratique est simple, il faut vérifier si son numéro de série est inclus, puis attendre ou provoquer la prise de rendez-vous.
Ce type de défaut, sur le papier, peut sembler “petit”, un capuchon, un espace, un ajustement. Mais l’automobile moderne est pleine de ces petits détails qui font la différence entre un incident isolé et un rappel massif. C’est aussi là que Stellantis n’a pas droit à l’approximation dans sa communication, parce que le public retient surtout les mots “arc électrique” et “incendie”, pas la subtilité du millimètre manquant entre deux pièces.
Peugeot, Citroën, DS, Opel, Fiat, Jeep, Alfa Romeo et Lancia impliqués
La campagne ne se limite pas à une seule marque, et c’est l’une des raisons de son ampleur. Sont cités des modèles de Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Opel/Vauxhall, Fiat, Jeep, Alfa Romeo et Lancia, dès lors qu’ils sont équipés du 1.2 Hybrid 48 volts. Dans le total France, plus de la moitié des véhicules concernés seraient des Peugeot, ce qui pèse lourd dans la perception du rappel.
Des chiffres par marques ont circulé pour illustrer l’étendue, avec par exemple 4 840 DS3 et DS4, 5 974 Jeep Avenger et Compass, 4 491 Alfa Romeo Junior, 1 492 Fiat Grande Panda et 600, et 911 Lancia Ypsilon. Pris séparément, ces volumes peuvent sembler modestes, mais additionnés à des dizaines de milliers d’unités sur les marques à gros débit, on obtient une campagne qui touche des clients très différents, du citadin au SUV.
Ce rappel multi-marques raconte aussi quelque chose de la stratégie industrielle du groupe, la mutualisation. Quand un moteur et une hybridation légère sont partagés sur plusieurs gammes, un défaut d’intégration peut se diffuser très vite. Pour le consommateur, l’effet est paradoxal, il bénéficie d’une technologie répandue, donc de pièces et de compétences disponibles, mais il subit aussi le risque “en série” quand un point faible est identifié.
Il y a un enjeu d’image, et il ne se limite pas à la marque “mère”. Un client Jeep ou Alfa Romeo, qui a parfois choisi une identité de marque plus “distincte”, découvre qu’il est rattrapé par un sujet commun au groupe. Nadia, 35 ans, propriétaire d’une citadine hybride, dit “j’ai acheté pour consommer moins en ville, pas pour surveiller un message d’alerte au tableau de bord”. Ce genre de phrase, même si la réparation est rapide, laisse une trace.
Une réparation gratuite annoncée en 30 minutes dans le réseau
Sur le volet opérationnel, Stellantis met en avant une intervention courte et gratuite. L’atelier doit remplacer le capuchon de protection de la borne du système 48 V par un élément offrant une meilleure isolation, puis ajuster si nécessaire l’espacement entre le tuyau du filtre à particules et le système hybride. Le temps annoncé, environ 30 minutes, est un point clé, parce qu’il conditionne la capacité du réseau à absorber le flux.
Dans la vraie vie, 30 minutes sur la fiche de travail ne signifie pas 30 minutes pour le client. Il faut un rendez-vous, une disponibilité de pièce, une prise en charge, parfois un véhicule de courtoisie. Et quand on parle de plus de 210 000 véhicules, même étalés dans le temps, le goulot d’étranglement peut se déplacer vers l’accueil atelier. Un chef d’atelier en région parisienne explique que “sur les rappels massifs, le plus dur, c’est la logistique, pas le geste technique”.
Stellantis indique avoir commencé à envoyer des courriers aux conducteurs concernés. Dans certains cas, un message pourrait aussi s’afficher au tableau de bord si le défaut se manifeste, ce qui pousse le groupe à recommander de contacter rapidement son concessionnaire. La nuance à garder, c’est qu’un message d’alerte ne prédit pas un incendie, il signale un problème potentiel. Mais le conducteur, lui, n’a pas envie de jouer au statisticien quand il est garé dans un parking souterrain.
La critique qu’on peut formuler, sans tomber dans le procès d’intention, c’est la dépendance totale au réseau pour rassurer. Si les délais s’allongent, la communication “c’est simple et rapide” se retourne vite contre le constructeur. À l’inverse, si les rendez-vous sont fluides, la campagne peut devenir un exemple de gestion efficace. Tout se joue dans les prochaines semaines, sur la disponibilité des pièces, la clarté des convocations, et la capacité à traiter les clients sans les balader.
Un rappel massif qui relance la question de la confiance
Un rappel n’est pas rare dans l’industrie auto, mais un rappel lié à un risque de feu marque davantage. Pour Stellantis, l’enjeu est de montrer qu’il ne “minimise” pas et qu’il agit vite. Dans le paysage automobile, d’autres constructeurs ont déjà rappelé des centaines de milliers de véhicules pour des risques d’incendie, notamment sur des sujets électriques ou de gestion thermique. Le public retient un réflexe, “si ça brûle, je veux une action immédiate”.
Le groupe est aussi observé parce qu’il a été critiqué pour des problèmes de fiabilité sur certaines motorisations, et plusieurs médias ont noté un changement de ton, plus prudent, plus transparent. Ici, la transparence passe par des chiffres, 36 incidents, 12 débuts d’incendie, et par une procédure claire. Mais la confiance se reconstruit surtout à l’échelle individuelle, quand le client reçoit une convocation lisible, obtient un rendez-vous, et repart avec une voiture immobilisée le moins longtemps possible.
Il faut aussi regarder les implications pratiques, assurance, revente, usage quotidien. Un véhicule rappelé n’est pas “interdit” de rouler tant qu’aucune consigne d’arrêt n’est publiée, mais certains propriétaires vont hésiter à faire de longs trajets, à stationner en sous-sol, ou à laisser la voiture charger des heures sur un parking fermé, même si on parle ici d’un micro-hybride 48 V. Ce décalage entre le risque statistique et la peur réelle, c’est le nerf de la guerre pour la réputation.
Ce rappel pose enfin une question plus large sur l’intégration des technologies hybrides légères. Le 48 volts est souvent présenté comme un compromis, moins complexe qu’un hybride rechargeable, plus accessible, avec des gains de consommation. Mais chaque brique technologique ajoute des interfaces, des protections, des contraintes d’implantation. Le consommateur achète une promesse d’efficience, il découvre une réalité industrielle, où un détail d’écartement peut déclencher une campagne nationale, et où la qualité perçue dépend autant du produit que de la façon dont le constructeur gère le correctif.
À retenir
- Stellantis rappelle 211 725 véhicules 1.2 Hybrid 48 V en France, produits entre 2023 et 2026
- Le risque vient d’un espacement insuffisant pouvant favoriser un arc électrique en conditions humides
- 36 incidents sont recensés, dont 12 débuts d’incendie, sans blessé signalé
- La correction annoncée est gratuite et vise un capuchon 48 V et l’ajustement de l’espacement
- Huit marques du groupe sont concernées, avec une majorité de modèles Peugeot
Questions fréquentes
- Quels véhicules Stellantis sont concernés par le rappel en France ?
- La campagne vise les véhicules des marques Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Opel/Vauxhall, Fiat, Jeep, Alfa Romeo et Lancia équipés du moteur 1.2 Hybrid 48 V, immatriculés sur la période 2023 à 2026. Le total annoncé en France est de 211 725 véhicules.
- Quel est le problème technique à l’origine du risque d’incendie ?
- Stellantis décrit un espace insuffisant entre le conduit du filtre à particules et un capuchon de protection lié à l’alterno-démarreur 48 V. En conditions humides, une infiltration d’eau et un contact possible peuvent créer un arc électrique, entraînant une surchauffe et, dans des cas extrêmes, un début d’incendie dans le compartiment moteur.
- Combien d’incidents ont été signalés et y a-t-il eu des blessés ?
- Le groupe indique avoir recensé 36 incidents liés à ce défaut, dont 12 ayant conduit à un début d’incendie dans le compartiment moteur. Aucun blessé n’a été signalé dans les informations communiquées.
- Quelle est la réparation prévue et combien de temps dure l’intervention ?
- L’intervention consiste à remplacer le capuchon de protection de la borne du système 48 V par un élément mieux isolé. Si nécessaire, l’espacement entre le tuyau du filtre à particules et le système hybride est ajusté. Le temps annoncé est d’environ 30 minutes, sans frais pour le propriétaire.
- Que faire si je possède un modèle équipé du 1.2 Hybrid ?
- Si votre véhicule est équipé du 1.2 Hybrid 48 V et a été immatriculé entre 2023 et 2026, surveillez la réception d’un courrier de rappel et contactez votre concessionnaire pour vérifier l’éligibilité via le numéro de série, puis planifier l’intervention gratuite dès qu’un créneau est disponible.
Sources
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