L’affirmation revient après chaque vidéo spectaculaire, une voiture électrique prendrait feu plus souvent qu’un modèle à essence. L’article du Journal de Québec rappelle un point clé, comparer des incendies bruts n’a pas de sens sans rapporter les cas à la taille du parc automobile et aux kilomètres parcourus. Les chiffres disponibles, issus de services d’incendie, d’assureurs et d’analyses universitaires, convergent vers la même lecture, les incendies de voitures électriques restent rares, et leur fréquence n’apparaît pas supérieure à celle des véhicules thermiques.
La confusion s’alimente de deux phénomènes. D’une part, les incendies liés à des batteries au lithium demandent parfois des moyens d’extinction plus longs, ce qui augmente la visibilité médiatique et les images. D’autre part, la base de comparaison est biaisée, l’immense majorité des véhicules en circulation demeure à essence, ce qui produit mécaniquement davantage d’incendies en nombre total. Pour une lecture utile, les spécialistes comparent des taux, par 10 000 véhicules ou par milliard de kilomètres, et ils distinguent les causes, collision, défaut électrique, incendie externe, acte criminel, ou problème de carburant.
Les services d’urgence soulignent aussi une différence opérationnelle, un feu de batterie peut se réactiver après une première extinction et impose une surveillance, voire une immersion ou un refroidissement prolongé selon les protocoles locaux. Cette particularité ne signifie pas que l’événement est plus probable, elle signifie qu’il est plus complexe à gérer quand il survient. Le résultat est une perception amplifiée, alors que les données disponibles ne soutiennent pas l’idée d’un risque plus fréquent que sur les modèles à essence.
Le débat est également technique. Un véhicule à essence combine un réservoir d’hydrocarbures, des vapeurs inflammables, des durites, un moteur très chaud et un système d’échappement, des éléments connus des pompiers depuis des décennies. Une voiture électrique concentre l’énergie dans une batterie, protégée par une structure, des capteurs et des systèmes de coupure. Les risques existent des deux côtés, mais les mécanismes diffèrent, et les statistiques, lorsqu’elles sont normalisées, ne montrent pas une surreprésentation de l’électrique.
Enfin, le contexte 2026 compte. Le parc électrique a grossi, ce qui augmente le nombre d’incidents observables et le volume de contenus viraux. La bonne question n’est pas voit-on plus de vidéos, mais quel est le taux d’incendie par véhicule. C’est sur ce terrain que les analyses citées par le Journal de Québec situent l’essentiel, et c’est ce qui permet de distinguer impression et réalité.
Questions fréquentes
- Les voitures électriques prennent-elles feu plus souvent que les voitures à essence ?
- Les données citées par le Journal de Québec indiquent que, rapportés au nombre de véhicules en circulation ou aux kilomètres parcourus, les incendies de voitures électriques ne sont pas plus fréquents que ceux des modèles à essence. La perception inverse vient surtout de la forte médiatisation des feux de batterie et du fait que le parc à essence reste beaucoup plus grand, ce qui gonfle les nombres bruts.



