Après de fortes inondations en Chine, des scènes relayées par plusieurs médias locaux montrent des habitants rassemblés autour de voitures électriques pour recharger téléphones, lampes et petits appareils. Le véhicule n’est plus seulement un moyen de transport, il devient une source d’électricité de dépannage grâce aux fonctions d’alimentation externe. Cette utilisation, spontanée et parfois organisée à l’échelle d’un quartier, met en lumière un usage concret de la batterie en situation de crise, tout en posant des questions de sécurité, de standards techniques et de préparation des réseaux.
Des vidéos montrent le V2L utilisé pour recharger téléphones et lampes
Sommaire
- 1 Des vidéos montrent le V2L utilisé pour recharger téléphones et lampes
- 2 Des propriétaires de Denza (BYD) se mobilisent dans les zones inondées
- 3 La sécurité électrique devient centrale, risques d’eau, courts-circuits et incendies
- 4 Le V2L et le V2G intéressent réseaux et secours, mais restent inégalement déployés
- 5 Questions fréquentes
- 6 À retenir
- 7 Sources
Dans plusieurs villes touchées par des inondations, des images diffusées en Chine montrent des riverains se regroupant autour d’un véhicule électrique, câble multiprise à la main, pour récupérer quelques heures d’électricité. Le geste est simple, brancher un chargeur de smartphone ou une lampe sur une prise intégrée, mais il illustre un basculement d’usage. En situation de coupure prolongée, la voiture devient une réserve d’énergie immédiatement disponible, sans attendre le rétablissement du courant ou l’arrivée d’un groupe électrogène.
Le mécanisme repose sur la fonction V2L (Vehicle-to-Load), proposée sur un nombre croissant de modèles. Elle permet d’alimenter des appareils externes via une prise dédiée, avec une puissance limitée mais suffisante pour des besoins essentiels, comme smartphones, batteries externes, radios, ventilateurs, éclairages LED ou petits équipements médicaux. Dans les scènes rapportées, l’enjeu n’est pas de tenir toute une maison pendant des jours, mais de conserver un minimum de communication et de lumière, deux éléments critiques en période d’évacuation ou d’incertitude.
Dans ces configurations, la voiture sert aussi de point de rencontre. Quand les réseaux mobiles sont saturés ou que les habitants cherchent une information fiable, la possibilité de recharger un téléphone devient un service de première nécessité. Le rôle social du véhicule apparaît clairement, la batterie ne sert pas seulement l’utilisateur, elle bénéficie à un groupe. Cette logique de partage est facilitée par la densité du parc électrique en Chine et par la diffusion de modèles équipés d’une prise 220 V ou d’un adaptateur d’alimentation externe.
Ce type d’usage est connu dans d’autres régions sujettes aux catastrophes naturelles, mais l’ampleur observée en Chine est liée à une combinaison de facteurs, un nombre très élevé de véhicules, une familiarité avec les équipements électriques domestiques, et une circulation rapide des pratiques via les réseaux sociaux. La scène, une file improvisée autour d’une voiture, rappelle que la résilience énergétique passe souvent par des solutions disponibles immédiatement, même si elles restent limitées en puissance et en durée.

Des propriétaires de Denza (BYD) se mobilisent dans les zones inondées
Des témoignages et contenus relayés mentionnent des propriétaires de véhicules Denza, marque associée à BYD, qui ont utilisé leur voiture pour rendre des services dans des zones touchées. Dans ce type d’épisode, l’aide ne se limite pas au transport ou à l’évacuation, elle inclut l’apport d’électricité pour des besoins ponctuels, recharge de téléphones, alimentation d’éclairages temporaires, ou fonctionnement d’appareils de base dans des lieux où le réseau est coupé.
Le choix de certains conducteurs de rester sur place pour fournir du courant n’est pas anodin. Il suppose une estimation de l’autonomie restante, une gestion de la batterie pour éviter la panne, et une connaissance minimale de la puissance maximale délivrée par la prise. Dans la pratique, les usages se concentrent sur des appareils à faible consommation, ce qui permet d’étendre la durée de service. La batterie d’une voiture électrique représente une capacité énergétique importante, mais l’alimentation externe est bridée par la puissance de sortie et par des protections électroniques.
Cette mobilisation interroge aussi les limites d’un secours reposant sur l’initiative individuelle. Tout le monde ne dispose pas d’un véhicule compatible, d’un câble adapté ou d’un emplacement sécurisé à l’abri de l’eau. Dans un environnement inondé, le stationnement, l’accès, et la mise à distance des zones immergées deviennent des contraintes majeures. Les images montrent souvent des véhicules arrêtés sur des portions de route encore praticables, ce qui réduit les risques liés à l’eau, mais ne les élimine pas.
Le cas Denza illustre surtout un point, la valeur d’un parc de véhicules électriques ne se mesure pas uniquement en kilomètres parcourus ou en parts de marché. Elle se mesure aussi en capacité de soutien lors d’une crise locale, quand le réseau est fragilisé. Dans une logique de sécurité civile, cette capacité peut être encouragée par des guides pratiques, des points de branchement normalisés, et des consignes claires, afin d’éviter les bricolages dangereux et les surcharges.

La sécurité électrique devient centrale, risques d’eau, courts-circuits et incendies
Quand une voiture fournit de l’électricité en pleine crise, la question de la sécurité prend le dessus. Les inondations combinent humidité, boue, matériel endommagé et parfois des installations domestiques fragilisées. Brancher une multiprise ou un chargeur dans un environnement détrempé peut suffire à créer un accident. Les fabricants intègrent des protections, mais celles-ci ne remplacent pas une utilisation prudente, à distance de l’eau et avec des équipements en bon état.
Les autorités chinoises travaillent depuis plusieurs années sur des exigences de sécurité renforcées autour des batteries. Des textes récents et des discussions industrielles visent à réduire le risque de départ de feu, y compris en cas de défaillance majeure, avec des critères plus stricts sur la gestion thermique, l’emballement et la tenue aux chocs. Cette orientation se répercute sur les architectures de batterie, les dispositifs de coupure, et les logiciels de surveillance. Dans une situation d’inondation, ces mesures sont pertinentes, car l’eau et les débris peuvent provoquer des défauts, même si les véhicules modernes sont conçus pour résister à la pluie et aux projections.
Le point sensible reste la frontière entre le véhicule et l’environnement, prises, adaptateurs, rallonges, et appareils branchés. La fonction V2L transforme la voiture en source électrique, donc en responsabilité potentielle. Si un appareil défectueux chauffe ou si une rallonge est abîmée, le risque ne concerne pas seulement l’utilisateur, il concerne aussi les personnes rassemblées autour. Les scènes de recharge collective, même utiles, supposent une organisation minimale, emplacement sec, câbles hors des zones de passage, limitation du nombre d’appareils connectés.
Un autre enjeu est la gestion de la batterie. Dans une zone sinistrée, l’accès à une borne peut être interrompu, ce qui impose de conserver une marge d’énergie pour se déplacer ou se mettre en sécurité. Fournir du courant pendant des heures peut réduire fortement l’autonomie disponible. La voiture électrique devient alors un outil de secours, mais pas un substitut complet à une alimentation d’urgence structurée. Pour les foyers, le recours à des stations d’énergie portables ou à des systèmes domestiques peut compléter l’apport du véhicule.
Le V2L et le V2G intéressent réseaux et secours, mais restent inégalement déployés
L’épisode des inondations met en lumière une différence fondamentale entre V2L et V2G. Le premier alimente directement des appareils, le second renvoie de l’électricité vers le réseau, ce qui nécessite des infrastructures, des compteurs, des règles de facturation et une compatibilité technique. Les images observées relèvent d’une logique de proximité, immédiate, sans intermédiation. Pour un quartier privé de courant, c’est souvent la seule option réaliste à court terme.
Pour les gestionnaires de réseau et les autorités locales, ces scènes servent de démonstration. Elles montrent qu’une batterie mobile peut soutenir des usages critiques, au moins partiellement. Dans les zones urbaines denses, où le parc de véhicules électriques est élevé, l’idée d’une réserve distribuée devient plus crédible. Elle suppose néanmoins un encadrement, par exemple des points de branchement sécurisés dans des centres d’accueil, des procédures pour éviter les conflits d’usage, et des consignes pour préserver l’autonomie des véhicules mobilisés.
Le déploiement reste inégal selon les modèles et les marques. Certains véhicules intègrent une prise directement dans l’habitacle ou le coffre, d’autres nécessitent un adaptateur. Les puissances disponibles varient aussi, ce qui conditionne le type d’appareil alimenté. Une puissance de sortie limitée convient à la recharge de téléphones et d’éclairages, mais pas à des équipements gourmands comme des plaques de cuisson ou certains appareils de chauffage. En crise, cette différence compte, car elle détermine si l’on peut uniquement communiquer ou aussi maintenir un minimum de confort.
Les inondations rappellent enfin que la résilience ne repose pas sur une seule technologie. Les véhicules électriques peuvent compléter des solutions existantes, groupes électrogènes, batteries stationnaires, micro-réseaux, mais ils ne remplacent pas une planification. Pour les fabricants, l’intérêt est de valoriser des fonctions déjà présentes. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est d’intégrer ces capacités dans des scénarios réalistes, avec des règles simples et une pédagogie, afin que l’usage d’urgence reste efficace et sûr.
Questions fréquentes
- Qu’est-ce que le V2L sur une voiture électrique ?
- Le V2L, pour Vehicle-to-Load, permet à une voiture électrique d’alimenter des appareils externes via une prise dédiée ou un adaptateur. La puissance est limitée, mais elle suffit généralement pour recharger des téléphones, alimenter des lampes LED, une radio ou de petits équipements.
- Une voiture électrique peut-elle alimenter une maison entière en cas de coupure ?
- Avec le V2L, l’objectif est surtout l’alimentation d’appareils essentiels, pas le remplacement complet du réseau domestique. Alimenter une maison demande des puissances plus élevées et une installation adaptée. Dans certains cas, des solutions de type V2H ou V2G existent, mais elles exigent du matériel spécifique et un cadre réglementaire.
- Quels risques en cas d’utilisation du V2L pendant une inondation ?
- Le risque principal vient de l’environnement, eau, boue, rallonges abîmées, multiprises au sol. Il faut installer les branchements sur une zone sèche, limiter le nombre d’appareils, surveiller l’échauffement et éviter tout contact entre câbles et eau, même si le véhicule dispose de protections électroniques.
- Le V2G est-il déjà courant en Chine ?
- Le V2G progresse, mais il reste plus complexe que le V2L. Il nécessite des bornes bidirectionnelles, des règles de comptage et de rémunération, et une compatibilité véhicule-réseau. Dans les situations d’urgence rapportées, l’usage observé est surtout du V2L, plus immédiat.
À retenir
- Après les inondations, des voitures électriques ont servi de sources d’électricité de proximité.
- La fonction V2L permet de recharger smartphones, lampes et petits appareils en quelques minutes.
- Des propriétaires de Denza, liée à BYD, ont été cités dans des actions d’entraide locale.
- La sécurité des câbles et des branchements reste un enjeu majeur en environnement humide.
- Le V2G intéresse les réseaux, mais son déploiement est plus lent et plus encadré.



