Music Studio 5 et 7: Samsung confie ses nouvelles enceintes Wi-Fi à Erwan Bouroullec

le:

La Revue TechActualitésMusic Studio 5 et 7: Samsung confie ses nouvelles enceintes Wi-Fi à...
4.5/5 - (11 votes)

Deux formes oblongues, un cercle posé comme un point final, et une promesse: Samsung veut que tes enceintes arrêtent de se cacher derrière un meuble. Avec Music Studio 5 et Music Studio 7, la marque coréenne sort deux modèles Wi-Fi dessinés avec Erwan Bouroullec, dévoilés à Las Vegas pendant The First Look 2026, dans la foulée du CES.

Le pitch est clair: du son “immersif”, du streaming partout, et un objet qui a le droit d’exister même quand il ne joue rien. Bouroullec parle d’une “présence discrète” qui façonne l’ambiance – et Samsung pousse l’idée d’écosystème, avec des appairages possibles avec d’autres enceintes et même les TV via Q-Symphony. Sur le papier, c’est ambitieux. Dans ton salon, ça peut être très beau… ou très clivant.

Le “dot concept” de Bouroullec, entre sculpture et enceinte

Ce qui frappe d’abord, c’est ce fameux “dot concept” que Samsung revendique comme une signature: un point, universel, qu’on retrouve dans la musique et l’art. Visuellement, ça donne un duo de volumes simples, presque graphiques: une base oblongue, surmontée d’un cercle. Certains y verront un symbole musical, d’autres un objet “monolithe” façon science-fiction – et oui, c’est le genre de design qui divise à la seconde.

La Music Studio 5 joue la carte du profil fin, arqué, avec un côté “galerie” assumé. L’idée, c’est qu’elle se pose sur une étagère comme un cadre ou une pièce décorative, sans crier “je suis une enceinte”. La Music Studio 7, elle, se tient plus verticalement, plus présente, plus imposante. Les deux partagent une grille métallique frontale, et une finition mate annoncée en noir ou en blanc.

Ce n’est pas la première fois que Bouroullec met les mains dans l’électronique grand public. Sa collaboration précédente avec Samsung, c’était The Serif, ce téléviseur pensé comme un meuble, récompensé par un iF Design Gold Award en 2016. Le truc, c’est que Bouroullec vient surtout du mobilier et de l’objet – Vitra, Hay, Kartell, Magis, ce genre de maisons – et ses incursions côté tech restent rares. Du coup, quand il revient, c’est rarement pour dessiner une énième boîte noire.

Dans les mots du designer, l’objet doit “exister même dans le silence”. C’est joli, mais ça dit un truc très concret: Samsung veut que l’enceinte devienne un élément d’intérieur, pas un gadget qu’on planque. Et là, tu sens la bascule: on n’est plus dans la “camouflage culture” façon cadre photo, on est dans l’objet assumé. Reste la question qui fâche toujours: est-ce que l’esthétique ne prend pas le dessus sur le son?

Music Studio 5: petite, fine, mais pas jouet

La Music Studio 5 (référence LS50H) est présentée comme le modèle pour les intérieurs où l’harmonie compte autant que l’audio. Concrètement, Samsung mise sur une architecture classique mais sérieuse: un woofer de 4 pouces, plus deux tweeters, avec un waveguide intégré pour garder un rendu clair et équilibré. Sur le papier, on est loin de la mini-enceinte d’appoint: ça vise le salon, la pièce de vie, le quotidien.

Lire aussi :  Souveraineté technologique et IA : Mistral, OpenAI et Anthropic redessinent les lignes de l’innovation

Samsung met aussi en avant son AI Dynamic Bass Control, censé renforcer les basses sans distorsion. C’est le genre de techno qui parle à tout le monde: tu montes un peu le volume, tu ne veux pas que ça “bave” ou que ça sature dès que la ligne de basse arrive. Évidemment, “IA” est devenu un mot-valise, mais l’intention est limpide: donner une assise plus propre, surtout dans un format qui ne peut pas tricher avec un gros volume de caisse.

Côté usage, Samsung annonce Wi-Fi casting, services de streaming, contrôle vocal, plus Bluetooth. Le message, c’est “tu l’allumes et tu joues”, sans te demander si ton téléphone est compatible ou si tu dois installer trois applis. Et Samsung ajoute son Samsung Seamless Codec dans le lot, histoire de rappeler qu’ils bossent la chaîne complète, de la source au rendu. Dans la vraie vie, ça vise les gens qui passent de la playlist du matin à un podcast le soir, sans se prendre la tête.

Le revers de la médaille, c’est qu’à force de vouloir être un bel objet, la Music Studio 5 risque de se retrouver achetée comme on achète une lampe. Ça arrive tout le temps avec les produits “design-first”: tu craques sur la forme, puis tu te rends compte que tu n’écoutes jamais vraiment, ou que tu la places là où c’est joli plutôt que là où ça sonne. Si Samsung veut éviter ce piège, il faudra que la 5 tienne la route à volume réel, pas juste en démo sur une table blanche.

Music Studio 7: le 3.1.1 qui veut faire du 3D

La Music Studio 7 (LS70H), c’est la version “je prends la place et j’assume”. Samsung la présente comme la plus immersive de la série, avec un système 3.1.1 canaux: des haut-parleurs gauche, avant, droite, plus un haut-parleur orienté vers le haut pour ajouter une dimension verticale. L’idée est simple: te donner une scène plus large, plus haute, plus “enveloppe”, sans forcément passer par une barre de son et trois satellites.

Pour éviter le mélange boueux – le moment où tout se marche dessus – Samsung parle de sa Pattern Control Technology, censée empêcher les canaux de se chevaucher et de “clutter” le rendu. Traduisons: on veut que les voix restent lisibles, que les effets restent localisables, et que le tout ne se transforme pas en soupe dès que tu lances un morceau dense ou une bande-son chargée. C’est exactement ce qui fait la différence entre un produit “wahou 30 secondes” et un produit vivable tous les jours.

La 7 annonce aussi la lecture Hi-Resolution Audio jusqu’à 24-bit/96 kHz. Pour le grand public, ça ne veut pas dire grand-chose, mais pour les amateurs, c’est un signal: Samsung veut parler aux gens qui stockent du FLAC, qui streament en qualité élevée, et qui veulent un traitement audio qui ne coupe pas les coins. Et la marque remet AI Dynamic Bass Control sur la table, parce que l’immersion sans basses propres, c’est juste du bruit.

Là où Samsung tente un coup intéressant, c’est sur la modularité: la 7 peut fonctionner seule, se mettre en paire pour élargir la stéréo, ou s’intégrer dans un ensemble plus large avec d’autres enceintes Wi-Fi compatibles, des barres de son, voire des TV via Q-Symphony. Sur le papier, ça te laisse commencer “petit” et étendre plus tard. Mais soyons honnêtes: ce genre d’écosystème marche surtout si tout est simple à configurer, et si tu n’as pas l’impression d’entrer dans une secte d’appairage.

Lire aussi :  L'aménagement d'éléments recyclés comme alternative éco-responsable dans le secteur de l'habitat

Q-Symphony et l’écosystème Samsung: la vraie stratégie

Ces Music Studio ne sortent pas dans le vide. Samsung parle carrément d'”étendre son écosystème audio” pour 2026, avec l’idée de multiplier les combinaisons multi-appareils. C’est la stratégie maison: tu as déjà une TV Samsung, une barre de son, peut-être des enceintes Wi-Fi, et on te vend une expérience plus large en empilant les briques. Q-Symphony est le nom qui revient, parce que c’est le pont entre la TV et les enceintes pour élargir la scène sonore.

Dans la pratique, Q-Symphony te promet de faire travailler plusieurs haut-parleurs ensemble, plutôt que de couper ceux de la TV quand tu ajoutes un système externe. C’est séduisant: tu évites de “perdre” des sources sonores, tu gagnes en ampleur, et tu as une spatialisation plus crédible sans pousser le volume. Et pour Samsung, c’est un argument de verrouillage doux: si tu es déjà dans leur univers, tu as une raison de rester. Du coup, Music Studio devient autant un produit qu’un aimant.

Ce positionnement se voit aussi dans la connectivité annoncée: Wi-Fi casting, streaming, contrôle vocal, Bluetooth. Samsung veut que tu passes de la musique à la vidéo sans friction, et que tu puisses déplacer l’usage d’une pièce à l’autre. Le message implicite, c’est “tu n’achètes pas une enceinte, tu achètes une pièce d’un système”. C’est exactement ce que font déjà d’autres marques audio, mais Samsung a un avantage: ils ont la TV, le mobile, et l’interface dans le salon.

La critique, elle est là: l’écosystème, c’est confortable… jusqu’au moment où tu veux mélanger les marques. Si ton installation est déjà un patchwork, tu risques de n’exploiter qu’une partie des fonctions. Et si tu n’as rien de Samsung chez toi, tu vas te demander pourquoi tu paierais pour des promesses “multi-device” dont tu ne profiteras pas. Samsung devra prouver que Music Studio a du sens en solo, pas uniquement comme extension d’un salon 100% Samsung.

Quand Samsung arrête de cacher ses enceintes derrière un cadre

Depuis quelques années, Samsung a pris l’habitude de “désamorcer” la tech dans la déco. Le symbole le plus connu, c’est The Frame, la TV qui affiche des uvres pour faire oublier l’écran noir. Et au CES précédent, la marque avait aussi montré une approche “enceinte déguisée”, avec des produits qui empruntent les codes du cadre ou de l’objet mural. Là, avec Music Studio, Samsung fait presque l’inverse: au lieu de planquer l’enceinte, ils demandent à un designer de la rendre désirable en tant qu’enceinte.

La différence est subtile, mais importante. “Déguiser”, ça revient à dire que l’objet est un problème à masquer. “Assumer”, ça revient à dire que l’objet peut être une présence, un choix esthétique. Bouroullec insiste sur la simplicité du langage de forme, capable de se fondre dans des usages anciens tout en annonçant des expériences plus contemporaines. En clair: tu peux la poser dans un salon classique sans qu’elle ressemble à un gadget futuriste, même si certains y verront toujours un mini-monolithe.

Lire aussi :  Système digital indépendant pour professionnels de la beauté : la révolution Madyis en marche

Ce virage design, Samsung le joue aussi sur le terrain de la crédibilité audio. La marque met en avant le travail de son Samsung Audio Lab, basé à Valencia en Californie, pour le tuning. C’est un détail qui compte: ça dit “on ne fait pas juste une jolie coque”. Et des observateurs le notent: les produits audio Samsung ont progressé ces dernières années sur le réglage et la cohérence, ce qui rend l’arrivée de Music Studio plus intéressante qu’un simple exercice de style.

Mais il y a une limite: les enceintes “aesthetic-first” ont souvent un défaut classique, elles te vendent une silhouette avant de te vendre une scène sonore. Samsung sait que c’est le procès automatique, donc ils empilent les arguments techniques (3.1.1, 24/96, waveguide, contrôle de canaux). Maintenant, la vraie vie tranche vite: si le rendu est plat, les gens diront “c’est joli mais ça sonne moyen”. Si ça sonne fort et propre, là, Samsung aura réussi son coup: faire un objet de design qui n’a pas besoin d’excuses.

À retenir

  • Samsung lance deux enceintes Wi‑Fi Music Studio 5 et 7 co-dessinées avec Erwan Bouroullec.
  • La Music Studio 5 mise sur un format fin avec woofer 4 pouces, double tweeter et AI Dynamic Bass Control.
  • La Music Studio 7 vise l’immersion avec un système 3.1.1, 24‑bit/96 kHz et appairage via Q‑Symphony.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre Music Studio 5 et Music Studio 7 ?
La Music Studio 5 est le modèle le plus compact, avec un woofer de 4 pouces et deux tweeters, pensé pour une intégration discrète dans le salon. La Music Studio 7 est plus imposante et vise l’immersion avec un système 3.1.1 (dont un haut-parleur orienté vers le haut), la lecture Hi‑Res jusqu’à 24‑bit/96 kHz et des options d’appairage plus poussées.
Les enceintes Music Studio fonctionnent-elles sans TV Samsung ?
Oui. Samsung les présente comme des enceintes Wi‑Fi utilisables en autonomie, avec streaming, Wi‑Fi casting, contrôle vocal et Bluetooth. Certaines fonctions d’écosystème, comme l’intégration avec une TV via Q‑Symphony, prennent surtout leur sens si tu as déjà des appareils Samsung compatibles.
Qu’est-ce que le “dot concept” mentionné par Samsung ?
C’est le langage de forme commun aux Music Studio 5 et 7: une silhouette minimaliste avec un “point” circulaire, inspiré d’un symbole universel présent dans la musique et l’art. L’objectif est de faire de l’enceinte un objet décoratif assumé, pas juste un boîtier technique.
Monsourd
Monsourd
Rédacteur pour La Revue Tech, je décrypte l'actualité technologique, les innovations numériques et les tendances du web. Passionné par l'univers tech, je rends l'info accessible à tous. Retrouvez mes analyses sur larevuetech.fr.
SEO 2023

Tendances

indicateur E reputation
Plus d'informations sur ce sujet
Autres sujet

Nvidia Shield TV supprime une fonctionnalité mais simplifie l’expérience des utilisateurs

La Nvidia Shield TV, l'un des boîtiers multimédias de streaming les plus populaires sur le marché, a récemment...

Discuter avec des gens : Meilleures applications pour parler à des inconnus

Meilleures applications pour discuter à des inconnus Attention lors de vos échanges avec des inconnus ! les risques sont...

10 idées cadeaux à offrir pour un homme de 50 ans

C’est bientôt l’anniversaire, la fête des pères ou des grands-pères d’un homme quinquagénaire de votre entourage ? Souhaitez-vous simplement...

Telegram avantages inconvénients : Applications de Messagerie Instantanée 2023

Quels sont les avantages et les inconvénients de messagerie instantanée Telegram en 2023 ? Les applications de messagerie instantanée font...