Volvo prépare un tournant industriel en Belgique. Son usine de Gand, qui a produit 212.177 voitures en 2025 et emploie environ 6.500 travailleurs, doit accueillir une nouvelle phase d’investissements et de diversification. Le site assemble déjà les XC40, EX40 et EC40, et s’apprête à rapatrier l’assemblage de l’EX30, un petit SUV électrique jusqu’ici produit en Chine. Dans le même temps, des signaux venus de la galaxie Geely alimentent une question très suivie dans l’industrie automobile, Gand pourrait-il devenir un point d’entrée européen pour des modèles chinois du groupe?
Volvo investit 200 M à Gand pour l’EX30
Le premier fait concret, ce sont les moyens. Volvo a acté un investissement d’environ 200 millions d’euros à Gand pour préparer de nouvelles productions. Dans les informations disponibles, cet effort est directement relié au rapatriement de l’assemblage de l’EX30, un modèle électrique très visible dans la stratégie produit de la marque. Jusqu’ici, ce véhicule était assemblé en Chine, ce qui exposait l’approvisionnement européen à la volatilité logistique, aux droits de douane et aux contraintes de délais.
Le retour d’une production sur le sol européen s’inscrit dans un mouvement plus large observé chez plusieurs constructeurs, sécuriser une partie des volumes au plus près des marchés de vente. Pour Gand, cela signifie des adaptations d’outillages, de contrôle qualité, de flux fournisseurs et de formation, car l’EX30 introduit des architectures électriques et des exigences de batteries qui ne se calquent pas mécaniquement sur les modèles déjà fabriqués sur place.
Le site belge conserve une place centrale dans l’appareil industriel du groupe. Avec 212.177 unités produites en 2025, il pèse dans l’équilibre des capacités européennes. La gamme actuellement assemblée, XC40, EX40, EC40, illustre une spécialisation déjà bien ancrée sur des véhicules électrifiés. Le fait d’ajouter l’EX30 revient à densifier ce positionnement et à stabiliser la charge de travail, dans un marché où les cycles de demande peuvent accélérer ou se contracter rapidement.
Sur le terrain social et politique, ces annonces ont aussi un effet immédiat. Le gouvernement belge a communiqué sur un plan de soutien à l’écosystème, ce qui reflète l’enjeu d’emplois directs et de sous-traitance. Dans une filière où chaque décision de localisation peut déplacer des milliers d’heures de travail, le rapatriement de l’EX30 est interprété comme un signal de confiance envers Gand, tout en ouvrant la porte à d’autres scénarios industriels.
Geely vise 2028 pour utiliser les usines européennes de Volvo
La deuxième information structurante vient du groupe. Geely, maison mère de Volvo, envisage d’utiliser dès 2028 des usines européennes de Volvo pour produire des modèles premium appartenant à son écosystème. Dans ce cadre, Gand apparaît dans les sites potentiellement concernés. La question n’est pas purement théorique, elle touche à la définition même de ce qu’est une voiture chinoise lorsqu’un groupe mondial partage des plateformes, des logiciels, des chaînes d’approvisionnement et des standards qualité.
Sur le plan industriel, l’intérêt d’une production en Europe est multiple. Produire localement réduit la dépendance aux routes maritimes, limite certains coûts de transport, et peut atténuer l’impact de mesures commerciales visant les importations. Pour un groupe multi-marques, cela permet aussi d’arbitrer l’allocation des capacités, en fonction des marges, des volumes et des contraintes réglementaires, notamment sur la traçabilité des composants et les exigences de sécurité.
Mais la faisabilité dépend de facteurs concrets. D’abord, l’outil de production doit être compatible avec la plateforme du modèle pressenti, ou il faut financer des conversions lourdes. Ensuite, la chaîne fournisseurs doit suivre, batteries, électronique de puissance, pièces de carrosserie, faisceaux. Enfin, l’acceptabilité politique et sociale compte, car produire un modèle estampillé écosystème Geely dans une usine Volvo européenne peut devenir un sujet sensible si la perception publique est celle d’une délocalisation inversée ou d’une substitution de modèles.
Pour Gand, l’équation combine opportunités et contraintes. L’opportunité, c’est de renforcer le taux d’utilisation de l’usine et d’ancrer l’emploi industriel en Belgique, à condition que les volumes soient suffisants et que les investissements suivent. La contrainte, c’est la compétition interne entre sites européens et la nécessité de maintenir la cohérence de marque, car Volvo s’appuie fortement sur une promesse de qualité, de sécurité et de transparence industrielle. En résultat, la probabilité d’un assemblage Geely à Gand existe dans les scénarios évoqués pour 2028, mais elle reste conditionnée à des arbitrages de gamme, de coûts et de politiques commerciales, qui peuvent évoluer d’ici là.
Questions fréquentes
- Pourquoi Volvo rapatrie-t-il l’assemblage de l’EX30 à Gand ?
- Les informations disponibles indiquent un rapatriement de production vers l’usine de Gand, soutenu par un investissement d’environ 200 millions d’euros. L’objectif industriel est de sécuriser une partie des volumes pour le marché européen, avec des délais et des flux logistiques plus maîtrisés que depuis la Chine.
- Quelle est la capacité actuelle de l’usine Volvo de Gand ?
- Le site compte environ 6.500 travailleurs et a produit 212.177 voitures en 2025. Il assemble notamment les XC40, EX40 et EC40, ce qui montre une base déjà établie sur des modèles électrifiés.
- Gand peut-il produire un modèle chinois du groupe Geely ?
- Geely a évoqué l’utilisation dès 2028 des usines européennes de Volvo pour produire des modèles premium de son écosystème, et Gand est cité parmi les sites possibles. La décision dépendrait des plateformes techniques, des investissements nécessaires et des arbitrages commerciaux et politiques.
- Quel rôle joue le gouvernement belge dans ce dossier ?
- Des sources indiquent le lancement d’un plan de soutien côté gouvernement belge, dans un contexte où l’enjeu porte sur l’emploi industriel, la sous-traitance locale et l’attractivité du site de Gand face à la concurrence d’autres implantations européennes.
À retenir
- Volvo prévoit environ 200 M€ d’investissements pour préparer de nouvelles productions à Gand
- L’assemblage européen de l’EX30, auparavant en Chine, doit être relancé sur le site belge
- L’usine de Gand emploie environ 6.500 personnes et a produit 212.177 voitures en 2025
- Geely envisage dès 2028 d’utiliser des usines européennes de Volvo pour des modèles premium de son écosystème
- La production d’un modèle lié à Geely à Gand dépendrait d’arbitrages techniques, économiques et politiques



