Leboncoin Auto chiffre une décote moyenne de 59% en cinq ans pour les voitures électriques d’occasion, à partir des prix observés sur sa plateforme. L’étude porte sur les dix modèles électriques les plus vendus lors de l’année de référence de l’analyse, avec un écart marqué entre les véhicules les moins et les plus touchés, de -53% à -65%. Ce constat, largement repris, interpelle autant les acheteurs que les vendeurs, car il touche directement la valeur de revente et le coût total de détention.
Leboncoin Auto mesure -59% en cinq ans sur 10 modèles
La photographie publiée par Leboncoin Auto s’appuie sur une comparaison entre un prix d’achat neuf et un prix de revente constaté après cinq ans sur les annonces. Le résultat agrégé met en avant une décote moyenne de 59%, soit une perte de plus de la moitié de la valeur faciale du véhicule sur la période. Dans le détail, la dispersion est forte, ce qui rappelle qu’il n’existe pas une décote des électriques uniforme, mais des trajectoires très dépendantes du modèle, de l’usage et du marché.
Les extrêmes cités illustrent l’ampleur des écarts. La Renault Zoé atteint -65%, quand la Dacia Spring se situe autour de -53%. Entre les deux, plusieurs modèles très diffusés affichent des niveaux proches de 56% à 60%, avec des exemples régulièrement mis en avant comme la Tesla Model 3 à -56% ou la Peugeot e-208 autour de -60%. Le constat est d’autant plus sensible que ces véhicules ont été, pour certains, des têtes d’affiche de l’électrification grand public.
Des chiffres plus concrets, issus de reprises de l’étude, permettent de matérialiser la mécanique. La Dacia Spring est citée à environ 17 695 neuve contre 8 347 en occasion après cinq ans. La Tesla Model 3 est évoquée autour de 52 136 au neuf et 23 180 en seconde main. Ces ordres de grandeur ne décrivent pas une transaction unique, mais des niveaux de prix observés sur un marché d’annonces, avec des variations possibles selon kilométrage, finition, historique d’entretien, état de batterie et région.
Cette publication intervient dans un contexte de hausse de l’intérêt pour l’occasion électrique, alimenté par le coût des carburants et l’élargissement de l’offre. Pour l’acheteur, une forte décote peut ressembler à une opportunité d’accès à un modèle plus récent pour un budget contenu. Pour le vendeur, elle peut signifier un reste à charge élevé au moment de revendre, surtout si le financement initial reposait sur une valeur de reprise anticipée trop optimiste.
Le bonus écologique fausse la comparaison avec le prix neuf affiché
Le chiffre de 59% fait débat sur sa lecture, car l’écart est souvent calculé entre un prix catalogue et un prix d’occasion, sans intégrer systématiquement le bonus écologique perçu au moment de l’achat neuf. Or ce bonus réduit la somme effectivement déboursée, ce qui modifie mécaniquement le pourcentage de perte pour le propriétaire. Dit autrement, la décote sur facture réelle peut être moins sévère que la décote sur tarif affiché.
Le point est résumé par des analyses critiques du calcul, qui parlent d’un biais méthodologique lié à la non prise en compte du bonus. Cette nuance ne contredit pas l’existence d’une baisse forte des prix en occasion, mais elle change la manière de l’interpréter pour un ménage. Si un véhicule a été acheté avec plusieurs milliers d’euros d’aide, la perte de valeur en euros peut rester élevée, mais le pourcentage rapporté au prix effectivement payé diminue, ce qui rapproche parfois l’électrique de la moyenne observée sur le marché global.
La comparaison avec le reste du parc apporte un second élément. Des données citées par des observateurs du secteur évoquent une décote moyenne proche de 58% après cinq ans, toutes motorisations confondues. Par conséquent, l’écart entre électrique et thermique dépend beaucoup de la base de calcul choisie, du niveau d’aides initiales et des évolutions rapides des gammes. L’électrique peut apparaître pire si l’on compare au prix catalogue, mais comparable si l’on raisonne en coût net d’acquisition.
Pour le marché, cette discussion a un impact direct sur la confiance. Un acheteur d’occasion regarde le prix affiché et le risque de revente future, tandis qu’un acheteur de neuf s’interroge sur la valeur résiduelle. Les professionnels, eux, ajustent leurs offres de reprise, leurs loyers en location et leurs garanties. Dans ce jeu, la manière de présenter une décote, brute ou nette de bonus, pèse sur les décisions.
Sur le terrain, les critères qui font varier les prix restent très concrets. L’état de la batterie, la présence d’une garantie, la capacité de charge rapide, l’équipement, les mises à jour logicielles, ou encore la compatibilité avec les usages de longs trajets influencent la valeur. Les annonces affichent parfois des véhicules peu kilométrés mais déjà fortement dépréciés, ce qui peut être attractif pour un usage urbain, tout en restant plus risqué pour des ménages qui prévoient de revendre rapidement.
Baisse des prix du neuf et renouvellement rapide accélèrent la décote
Au-delà de la question du bonus, plusieurs facteurs structurels tirent les prix d’occasion vers le bas. Le premier tient au renouvellement technologique, plus visible sur l’électrique, avec des progrès réguliers sur l’autonomie, la charge, l’efficience et les équipements d’assistance. Quand un modèle récent propose plus de kilomètres réels, une charge plus rapide ou une meilleure sobriété à prix voisin, les versions précédentes doivent baisser pour rester compétitives.
Un autre moteur est la baisse des prix du neuf, liée à l’arrivée de modèles plus abordables et à la stratégie tarifaire de certains groupes. Des commentaires sectoriels citent des repositionnements marqués, avec des offres neuves plus agressives sur l’entrée de gamme, ce qui crée un effet domino sur l’occasion. Quand un véhicule neuf devient soudainement moins cher, un modèle équivalent âgé de quelques années doit s’ajuster, même s’il reste en bon état.
La structure du marché joue aussi un rôle. Une part des immatriculations électriques passe par la location, les flottes et les entreprises. À l’issue des contrats, ces véhicules reviennent sur le marché de seconde main, augmentant l’offre sur certains modèles à des périodes concentrées. Cette arrivée peut peser sur les prix, surtout si la demande n’augmente pas au même rythme ou si les acheteurs hésitent face à la question de l’usure réelle des batteries.
Pour les acheteurs, cette baisse peut devenir un levier, à condition de sécuriser le dossier. Vérifier le suivi d’entretien, l’état des pneumatiques, l’historique de recharge, la présence d’une garantie batterie et la cohérence du kilométrage reste central. La décote élevée ouvre l’accès à des véhicules mieux équipés, mais elle n’efface pas les coûts périphériques, comme l’assurance, l’installation d’une prise adaptée au domicile ou le remplacement de consommables.
Pour les vendeurs, la période actuelle impose une approche plus réaliste des prix. Les outils de cotation, les comparaisons d’annonces et la transparence sur l’état du véhicule deviennent déterminants pour réduire les délais de vente. La décote moyenne citée par Leboncoin ne dit pas tout, mais elle sert de repère dans une phase où l’offre s’étoffe, où les tarifs du neuf bougent, et où la valeur d’un modèle dépend de plus en plus de caractéristiques techniques très précises.
Questions fréquentes
- Que signifie une décote de 59% en cinq ans pour une voiture électrique ?
- Cela signifie que, selon l’analyse citée, le prix observé en occasion après cinq ans est en moyenne inférieur de 59% au prix de référence neuf utilisé dans l’étude. Le pourcentage dépend du modèle et de la méthode de calcul.
- Pourquoi certains articles contestent-ils le chiffre de 59% ?
- Parce que le calcul peut comparer un prix catalogue neuf à un prix d’occasion sans intégrer le bonus écologique perçu lors de l’achat. Si l’on raisonne sur le prix réellement payé, la perte relative peut être moins élevée.
- Quels modèles sont cités comme les plus touchés par la décote ?
- Les reprises de l’étude mentionnent notamment la Renault Zoé autour de -65%. D’autres modèles se situent près de -60% selon les classements diffusés, tandis que la Dacia Spring est citée autour de -53%.
- La décote élevée est-elle forcément une mauvaise nouvelle ?
- Pour un vendeur, elle peut réduire la valeur de revente. Pour un acheteur d’occasion, elle peut au contraire rendre des modèles plus accessibles, à condition de vérifier l’état de batterie, la garantie et l’historique.
À retenir
- Leboncoin Auto avance une décote moyenne de 59% après cinq ans sur 10 électriques.
- Les écarts vont d’environ -53% (Dacia Spring) à -65% (Renault Zoé) selon l’étude reprise.
- L’absence de prise en compte du bonus écologique peut surestimer la décote en pourcentage.
- La baisse des prix du neuf et l’évolution rapide des modèles pèsent sur l’occasion.
- Pour acheter, l’état de batterie et la garantie influencent fortement la valeur réelle.
Sources
- Automobile. Votre voiture électrique va-t-elle perdre 65% de sa valeur ?
- Voitures électriques : cette décote de 59% en 5 ans que Leboncoin vient …
- Décote des voitures électriques : pourquoi le chiffre choc de 59 % est complètement faux
- Voitures électriques : une décote moyenne de 59 % après cinq ans, voici les 10 modèles les plus impactés – Les Numériques
- VOITURE ÉLECTRIQUE : -58% de VALEUR en 5 Ans. L’Arnaque de la Décote Enfin Révélée.. – l'Heure de l'Auto



