PMU affirme avoir basculé vers une production où 100% de ses assets digitaux sont réalisés avec l’IA. L’information a été détaillée par Olivier Pribile, directeur marketing, lors d’une prise de parole le 1er juillet au Directeurs Marketing Summit 2026, événement organisé par Stratégies dans les locaux de Webedia Elephant. Derrière la formule, l’enseigne décrit une montée en puissance progressive, engagée tranquillement il y a environ un an et demi, puis structurée jusqu’à couvrir l’ensemble des formats utilisés pour ses campagnes en ligne.
Le sujet dépasse la simple performance technologique. Il touche au fonctionnement des équipes marketing, à la chaîne de production de créations, aux coûts, aux délais, mais aussi aux risques, qualité d’images, cohérence de marque, conformité juridique. Dans un secteur où les visuels doivent souvent représenter des chevaux, des hippodromes, des promotions et des mécaniques de bonus, l’IA est présentée comme un outil d’accélération, avec une contrainte centrale, rester crédible visuellement sans dégrader la confiance.
Cette annonce intervient alors que les directions marketing multiplient les expérimentations d’IA générative, mais peu communiquent sur un passage à l’échelle total. Le PMU met sur la table un chiffre maximaliste, 100%, qui pose une question immédiate, de quoi parle-t-on exactement, quelles productions sont concernées, et quelles étapes restent, malgré tout, pilotées par des humains.
Sur le fond, l’intérêt est double. D’un côté, l’entreprise cherche à produire plus vite et plus largement des variations créatives adaptées aux contraintes des plateformes. De l’autre, elle doit préserver une identité visuelle et un niveau de réalisme compatible avec l’imaginaire des courses, sous peine de produire des images approximatives, ce que le directeur marketing illustre par l’anecdote du poney généré par l’outil là où l’équipe attendait un cheval crédible.
Olivier Pribile présente 100% d’assets IA au Directeurs Marketing Summit
Sommaire
- 1 Olivier Pribile présente 100% d’assets IA au Directeurs Marketing Summit
- 2 La production créative du PMU vise volume, vitesse et déclinaisons publicitaires
- 3 Contrôle qualité, droits et conformité, les garde-fous derrière les visuels IA
- 4 L’exemple du PMU alimente le débat sur les métiers créatifs en entreprise
- 5 Questions fréquentes
- 6 À retenir
- 7 Sources
Lors de l’événement du 1er juillet, Olivier Pribile, directeur marketing du PMU, revendique une couverture totale sur le périmètre des assets digitaux, avec 100% des productions réalisées via l’IA. L’énoncé frappe par sa netteté, mais il s’inscrit dans un cadre précis, celui des créations destinées aux canaux numériques, bannières, formats social media, déclinaisons pour activation, contenus adaptés à des placements variés. La communication vise à montrer que l’industrialisation n’est plus un test, mais une pratique installée.
L’intervention replace cette trajectoire dans le temps. Le PMU dit avoir commencé il y a un an et demi, sans intention de rupture spectaculaire. Ce point compte, car il suggère une courbe d’apprentissage plus qu’un projet de transformation mené à marche forcée. Dans les organisations, l’IA générative produit souvent des résultats inégaux au départ, et le cas des visuels de courses est parlant. Arriver à faire des créas avec des chevaux qui courent sur des hippodromes en disant: il y a un bonus de 100 à l’inscription, on se dit que c’est simple, mais au départ, c’est plus un poney qui nous est fourni par l’IA, qu’un vrai cheval, explique-t-il. Le propos souligne une difficulté classique, obtenir un rendu réaliste et conforme à un univers de marque, sans artefacts ni incohérences.
Le choix du lieu, les locaux de Webedia Elephant, et le cadre, un sommet réunissant des directeurs marketing, donnent aussi une dimension de démonstration. Dans ces rendez-vous, la prise de parole sert autant à partager un retour d’expérience qu’à signaler une capacité interne. Le PMU se positionne comme une entreprise qui a franchi le seuil où l’IA n’est plus un gadget, mais un composant systématique du workflow.
La revendication 100% appelle une lecture rigoureuse. Dans le langage marketing, un asset digital peut couvrir des créations finales prêtes à diffusion, mais aussi des variantes, des éléments graphiques, des animations courtes, des textes associés. La déclaration, telle que rapportée, renvoie à une production réalisée avec l’IA, ce qui n’implique pas nécessairement une autonomie complète de l’outil. Dans la pratique, les équipes encadrent la production, définissent les prompts, sélectionnent, retouchent, vérifient la conformité, puis valident. Le chiffre fonctionne comme un indicateur d’usage, pas comme une éviction totale des métiers créatifs.
Cette précision est déterminante pour comprendre l’actualité. L’enjeu n’est pas d’opposer humains et machines, mais de décrire comment une marque grand public transforme son atelier de création. Si le PMU communique sur la part d’IA, il doit aussi rendre compte de sa capacité à maintenir une qualité constante, car une seule campagne visuellement fausse peut devenir un sujet de moquerie ou de défiance sur les réseaux sociaux.
La production créative du PMU vise volume, vitesse et déclinaisons publicitaires
L’intérêt opérationnel mis en avant est la capacité à produire davantage de contenus, plus vite, et dans plus de formats. Les plateformes imposent une fragmentation croissante, ratios d’images variés, durées vidéo courtes, itérations A/B, adaptation à des emplacements différents. Dans ce contexte, l’IA peut servir de moteur de déclinaison. Le PMU parle d’une généralisation à l’ensemble de ses formats digitaux, ce qui recouvre typiquement l’écosystème d’activation, display, social, assets pour CRM, landing pages, voire éléments graphiques de campagnes.
Des éléments disponibles dans d’autres prises de parole attribuées au même dirigeant évoquent un seuil de 90% de formats digitaux réalisés avec l’aide de l’IA, et une hausse de production de 30%. La coexistence de chiffres, 90% et 100%, peut s’expliquer par la différence de périmètre ou par l’évolution rapide entre deux moments de communication. Pour une lecture journalistique prudente, l’important est le mouvement, une quasi-totalité des formats concernés et une augmentation de cadence annoncée. Le PMU met donc l’accent sur un bénéfice mesurable, plus de volume de contenus sans proportionner la hausse des ressources humaines.
La contrainte de réalisme visuel, chevaux, hippodromes, ambiance de course, reste un cas d’école. Les IA génératives peuvent produire des animaux anatomiquement incorrects, des pattes en trop, des textures incohérentes, ou des perspectives impossibles. Dans une publicité, ces défauts sautent aux yeux et dégradent l’impression de sérieux. Le retour d’expérience du poney indique que les équipes ont dû travailler la précision des instructions, le choix des modèles, l’itération, puis la sélection des rendus. Cela suppose une montée en compétence, prompt design, direction artistique adaptée à l’IA, contrôle qualité renforcé.
Il y a aussi un enjeu de cohérence de marque. Le PMU ne vend pas uniquement une promotion, il vend un univers, des codes, une relation à un loisir, une confiance dans une offre régulée. Si l’IA permet de générer des scènes inédites, elle doit respecter une charte, palette de couleurs, typographies, ton, et codes de représentation. Une industrialisation réussie passe souvent par des bibliothèques d’éléments validés et des garde-fous. Dans ce cadre, l’IA devient un outil de composition et de variation plutôt qu’un générateur livré à lui-même.
Enfin, la vitesse n’a d’intérêt que si elle sert le pilotage marketing. Produire plus de versions permet de tester des accroches, des images, des mécaniques de bonus, et d’optimiser les campagnes. L’IA est alors un instrument d’optimisation, au même titre que l’achat média et la mesure de performance. Le PMU semble inscrire sa démarche dans cette logique, augmenter la capacité de création pour coller au rythme des activations, sans attendre des cycles de production longs.
Contrôle qualité, droits et conformité, les garde-fous derrière les visuels IA
Revendiquer des assets digitaux produits par IA à 100% amène immédiatement des questions de gouvernance. Les sujets juridiques et de conformité ne se résument pas à un détail technique, surtout pour une marque grand public. Première exigence, éviter de générer des contenus trompeurs ou des visuels susceptibles d’induire le consommateur en erreur. Lorsqu’une publicité mentionne une offre, un bonus ou des conditions, l’image et le texte doivent rester alignés avec la réalité et les mentions légales. L’IA peut accélérer la fabrication, mais elle n’automatise pas la responsabilité.
Deuxième exigence, la maîtrise des droits. Les outils d’IA générative s’appuient sur des modèles entraînés sur de vastes ensembles de données. Les débats sur les données d’entraînement et les droits d’auteur restent actifs. À l’échelle d’un annonceur, la prudence consiste à cadrer les conditions d’utilisation des outils, à documenter les sources et les paramètres, et à éviter les prompts qui reproduiraient trop fidèlement un style identifiable ou un élément protégé. Dans une industrie de l’image, les risques de réclamation existent, même si les jurisprudences évoluent.
Troisième exigence, la protection de la marque. Les visuels d’IA peuvent générer des détails indésirables, éléments ressemblant à des logos, panneaux, textes fantaisistes, inscriptions incohérentes. Pour une communication officielle, ces artefacts posent un problème. Les équipes doivent donc instaurer un contrôle qualité systématique, avec des check-lists, vérification des détails, cohérence anatomique des animaux, absence de signaux indésirables, et conformité aux règles internes. Ce contrôle peut être plus lourd que dans une production traditionnelle, car les erreurs sont parfois subtiles.
Quatrième exigence, la transparence interne. Quand une organisation dit que toute sa création digitale passe par l’IA, cela implique des outils partagés, des procédures, un stockage des assets, et une traçabilité minimale. Dans les grandes structures, le sujet touche aussi à la cybersécurité, éviter de pousser dans des outils externes des informations sensibles, anticiper les risques de fuite, et contrôler les accès. Le fait que le PMU parle d’ assets suggère une approche structurée, au-delà d’une simple expérimentation isolée.
Enfin, il y a un enjeu d’éthique et de représentation. Même sans deepfakes de personnes, l’IA peut fabriquer des scènes stéréotypées ou irréalistes. Dans le cas des courses et du jeu, la communication est observée, notamment sur la responsabilité et la protection des publics. Un annonceur a intérêt à s’assurer que l’IA ne produit pas des images qui contournent implicitement des règles de communication ou qui envoient des signaux contraires à ses engagements. Le passage à l’échelle oblige à intégrer ces critères dès la production, pas au dernier moment.
L’exemple du PMU alimente le débat sur les métiers créatifs en entreprise
L’annonce du PMU intervient dans un moment où beaucoup de directions marketing cherchent un équilibre entre production interne, agences, studios, et outils d’IA. Dire que 100% des assets digitaux sont faits en IA ne signifie pas nécessairement que les créatifs disparaissent. Cela peut signifier que le travail se déplace, moins de fabrication manuelle, plus de direction, de sélection, de retouche, de pilotage, de stratégie de tests. Les profils évoluent, et les compétences attendues aussi.
Dans le modèle traditionnel, une campagne digitale repose sur un brief, une phase de création, puis des déclinaisons, parfois lourdes. Avec l’IA, une partie des déclinaisons peut être générée en série, ce qui change la relation au temps. Cela peut rapprocher la création du pilotage de performance, car on produit des variantes au fil de l’eau, en fonction des résultats. Pour les équipes, la pression peut se déplacer vers la capacité à livrer rapidement et à maintenir un niveau constant de qualité. L’industrialisation ne réduit pas forcément l’intensité de travail, elle reconfigure les tâches.
Le cas des chevaux et hippodromes illustre un point plus large. Une marque avec un univers spécifique doit apprendre à entraîner, guider ou contraindre les modèles pour obtenir des rendus fiables. Cela peut passer par des références internes, des jeux d’images validées, des prompts standardisés, des modèles spécialisés ou des workflows hybrides combinant génération et retouche. Ce travail relève autant de la direction artistique que de la technique, et il exige du temps d’apprentissage. Le PMU décrit ce cheminement quand il évoque le décalage initial entre l’attendu et le rendu, du cheval au poney.
Pour les agences et prestataires, l’annonce est observée comme un signal de transformation. Certaines missions peuvent être internalisées ou accélérées, mais d’autres deviennent plus stratégiques, conception de territoires de marque, storytelling, identité, campagnes majeures, et surtout accompagnement sur les cadres juridiques et la gouvernance. Le marché peut se polariser entre production de volume, que l’IA facilite, et création premium, où l’exigence de singularité et de contrôle reste forte.
Enfin, la communication du PMU pose une question de mesure. Si l’entreprise affirme une hausse de production et une couverture totale, la discussion porte sur les indicateurs, délais moyens, coût par asset, taux de réutilisation, performance média des variations, et taux d’erreurs détectées en contrôle qualité. Ces données ne sont pas détaillées dans la prise de parole rapportée, mais elles structurent généralement le passage à l’échelle. Pour les autres annonceurs, l’exemple sert de repère, non pas comme modèle universel, mais comme preuve qu’un déploiement très large est possible, à condition d’investir dans les méthodes et les garde-fous.
Questions fréquentes
- Que signifie « 100% des assets digitaux sont faits en IA » pour le PMU ?
- Cela renvoie au périmètre des créations destinées aux canaux numériques, bannières, déclinaisons social media, formats d’activation, produits via des outils d’IA dans le workflow. Cette formulation ne signifie pas que les équipes humaines disparaissent, car la sélection, la retouche, la validation de marque et la conformité restent pilotées par des professionnels.
- Pourquoi les visuels de chevaux et d’hippodromes posent-ils un défi particulier à l’IA ?
- Les modèles génératifs peuvent produire des erreurs anatomiques, des perspectives incohérentes ou des détails irréalistes. Dans un univers très identifiable comme les courses, ces défauts se repèrent vite et peuvent nuire à la crédibilité publicitaire, ce qui impose itérations, contrôle qualité et cadrage de direction artistique.
- Quels sont les principaux risques d’une production créative largement automatisée ?
- Les risques se concentrent sur la qualité visuelle, la cohérence de marque, la conformité des messages publicitaires, la gestion des droits et la présence d’artefacts indésirables. À cela s’ajoutent des enjeux de gouvernance, traçabilité et protection des données utilisées dans les outils.
- L’IA remplace-t-elle les métiers créatifs dans ce type d’organisation ?
- Elle transforme surtout les métiers. La production manuelle peut diminuer au profit de tâches de direction artistique orientées IA, de prompt design, de contrôle qualité, de déclinaisons rapides et de pilotage par la performance. Les compétences se déplacent vers l’encadrement et la validation.
À retenir
- Le PMU affirme que 100% de ses assets digitaux passent par l’IA en 2026.
- La montée en puissance a été progressive, sur environ un an et demi.
- Le réalisme des visuels de courses reste un point de contrôle, illustré par l’exemple du « poney ».
- L’industrialisation vise plus de volume et de déclinaisons, avec des garde-fous qualité et conformité.
Sources
- La Revue du Digital, auteur/autrice sur …
- Directeur marketing du PMU : « 100% de nos assets digitaux sont faits en IA » – La Revue du Digital
- Olivier Pribile (PMU) : «Aucun opérateur ne peut rester en …
- Olivier Pribile (PMU) : « le digital va trouver une place …
- Cyrille Giraudat, dans 01Business – 28/06 1/4



