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[Test] OnePlus 8 : un vrai flagship, un peu faible en photographie

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OnePlus, qui a à son catalogue cette année les OnePlus 8 et OnePlus 8 Pro, était connu pour ses smartphones haut de gamme vendus à prix défiants toute concurrence. On était clairement dans la fourchette moyen de gamme en termes de prix, et pourtant on savait qu’on aurait affaire à du solide.

Malgré tout, il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas et c’était souvent la partie photo, qui est devenue au fil des années le cheval de bataille et l’élément distinctif entre un bon smartphone et un excellent smartphone.

Le 8 fait donc office pour le constructeur de flagship “abordable”, avec son tarif de 699 €, qui entend proposer une expérience Android comparable à celle trouvée dans les hauts de gamme Samsung par exemple.

Une vrai réussite sur le plan du design

Le OnePlus 8 est un smartphone élégant, fin, disponible dans plusieurs coloris dont ce très beau vert glacier. Ces dimensions de 160.2 mm de hauteur, 72.9 mm de largeur et 8.0 mm d’épaisseur en font un smartphone agréable à utiliser (à deux mains), malgré un poids de 180g (plutôt lourd mais bien équilibré).

Sur la face avant, un écran AMOLED Full HD de 6,55 pouces prend en charge les profils colorimétriques sRGB et P3, et abrite même le capteur d’empreintes en-dessous.

Au dos, la caméra dépasse un peu de la coque et, comme sur la plupart des smartphones, il ne sera pas parfaitement à plat une fois posé. Les angles de ce module photo sont par ailleurs assez tranchants, un peu comme sur l’iPhone XS (que je n’aime pas particulièrement, même si le téléphone a de toute façon vocation à se retrouver encapsulé dans une coque…).

En parlant de coques, le smartphone reçoit la gamme habituelle de coques OnePlus, avec le sandstone, le nylon et le silicone transparent (la seule incluse dans la boîte avec le téléphone).

Les bords sont fins et symétriques, et l’écran est très légèrement incurvé sans que cela ne soit gênant à l’utilisation (ouf !).
A droite on retrouve la touche de mise sous/hors tension et le slider physique pour passer du mode silencieux au mode vibreur ou sonnerie. Nous sommes en 2020 et aucun autre constructeur Android n’a repris cette idée à Apple et OnePlus : je ne le comprends toujours pas. A gauche on retrouve le bouton volume. Sur la tranche basse on trouve la trappe à cartes SIM (2), le port USB-C et le haut parleur (passable) et en haut un microphone.

L’ensemble est cohérent, la prise en main est bonne grâce au ratio 20:9. Sur le plan du design et de l’ergonomie, c’est un sans faute.

Un très bel écran à taux de rafraîchissement plus élevé que d’habitude

La mode est au taux de rafraîchissement élevé, avec des écrans de smartphones “gaming” avec certains atteignant les 240 Hz d’affichage.

Pour rappel, la fréquence de rafraîchissement est le nombre d’images par seconde que peut générer votre écran et elle s’exprime en Hz. Plus cette fréquence est élevée, meilleur est le confort visuel, avec une interface plus fluide notamment.

Le OnePlus 8 est équipé d’un écran 90hz, plus rapide certes que le 60Hz trouvé sur la majorité des concurrents mais pas de façon dramatique. Sauf à mettre mon iPhone XS a côté et sur la même page web, je ne vois pas de réelle différence à l’utilisation apportée par cette fréquence une fois et demi plus élevée. Tony par contre, avec son iPhone XR, a bien vu la différence ! De mon côté, j’imagine qu’on commence à voir vraiment la différence sur un écran 120 Hz comme sur le Galaxy S20 ou le OnePlus 8 Pro mais là, il s’agit probablement d’un confort pour les yeux qui n’apporte pas grand chose à l’expérience utilisateur.

La bonne nouvelle c’est que ce taux de rafraîchissement élevé ne semble pas porter préjudice à l’autonomie.

S’agissant du capteur d’empreinte sous l’écran, je dois avouer ne pas avoir été impressionné. Je suis toujours un fervent défenseur du capteur d’empreinte digitale (par rapport à la reconnaissance faciale) mais l’implantation idéale pour moi est sur le bouton Power, chose que l’on ne voit presque plus. Le capteur optique du OP8 s’est révélé assez capricieux et la moindre poussière, la moindre micro goutte d’eau sur mon doigt et c’était passage par le mot de passe obligé.
Quand ça fonctionne, ça fonctionne bien, c’est rapide, le capteur est très bien placé et tombe toujours sous les pouces, mais sur l’ensemble de ma période de test j’estime avoir eu environ 70% d’efficacité, en comptant les fois où j’ai dû poser le doigt plusieurs fois. C’est trop peu et j’espérais voir du mieux depuis mon test du Galaxy Note10 (sur lesquels je relevais exactement les mêmes faiblesses…).

Une interface léchée, OxygenOS est de plus intéressante

Surcouche logicielle particulièrement soignée depuis des années, OxygenOS est toujours aussi agréable à utiliser au quotidien. Les petits ajouts de fonctionnalités par rapport à l’expérience Pixel sont globalement tous les bienvenus (mode sombre à l’échelle du système, optimisation logicielle poussée, fonds d’écran animés dynamiques, personnalisation du thème de l’interface, mode zen…).

Basée sur Android 10 (avec la beta Android 11 déjà disponible pour les plus courageux.ses), l’interface est très intuitive, même pour moi qui n’avait pas utilisé les gestes sur Android.

Il y a certes un coup de main à prendre pour revenir en arrière, et perdre les habitudes du menu latéral ouvert par glissement depuis le bord gauche, mais au bout de quelques semaines on s’y fait. Le gain de place permis par la disparition des touches de navigation est très appréciable.

Comme mentionné plus haut, OnePlus propose déjà une beta d’Android 11 ce qui laisse à penser que la société, renommée pour ses mises à jour rapides, proposera encore un suivi exemplaire de son smartphone.

Des performances de haut vol

Grâce au CPU Qualcomm Snapdragon 865 et sa RAM LPDDR4X (8 ou 12 Go) rapide, le smartphone est une bête de course. Le stockage UFS 3.0 2-LANE ultra rapide (128 ou 256 Go) a son rôle à jouer dans cette sensation de fluidité et de vitesse dégagée par l’appareil. En plus d’un mois de test je n’ai pas pu prendre à défaut le OnePlus 8. Quelles que soit les tâches demandées (jeu, retouche photo, capture et traitement vidéo), le smartphone n’a pas bronché. Là encore OnePlus est fidèle à sa réputation : la vitesse et les performances sont parmi les meilleures du marché, tous OS confondus.

Sur le plan des performances, il tient la dragée haute à beaucoup de concurrents !

Un appareil photo correct

On attend toujours beaucoup de l’appareil photo de son smartphone, surtout quand on entre en territoire “haut de gamme”. A 699 €, on l’a vu jusque-là, le OnePlus 8 est un excellent smartphone, agréable en main, très performant et doté d’une autonomie parmi les meilleures du marché. Quid alors des performances en photo ?

Un mot d’abord sur l’interface de prise de vue, très complète (ça fait plaisir, quand on vient d’un iPhone, de pouvoir changer à la volée les paramètres de prise de vue…) et pourtant très claire.

L'interface caméra du OnePlus 8
L’interface caméra du OnePlus 8

Pour la photo, le OnePlus 8 reprend les modules présents sur son grand frère le OnePlus 7, à savoir l’objectif principal 48 Mpx à ouverture f/1.75, le macro 2 Mpx à ouverture f/2.4, et l’ultra grand-angle 16 Mpx à ouverture f/2.2 et champ de vision 116°. On retrouve à l’avant un capteur 16 Mpx pour les égoportraits.

La lentille principale est la plus décevante de toutes, les photos sont ternes et n’ont pas grand intérêt. C’est correct pour un smartphone milieu de gamme mais on est quand même sur un smartphone à 700 € dont on attendait un peu plus.

Le mode macro est très fun à utiliser et assez impressionnant ! Regardez les deux photos ci-dessous, prises à la même distance de la fleur. Les utilisations seront limitées probablement mais feront leur effet à coup sûr.

L’objectif ultra grand angle est toujours très sympa à utiliser, avec un effet dramatique assuré. On perd quand même en netteté dans les clichés, comme avec l’immense majorité des objectifs ultra grand angle sur smartphone qui disposent d’une résolution très souvent bien inférieure à celle du grand angle.

Un zoom digital est disponible (à utiliser avec parcimonie !).

Le mode égoportrait produit des clichés fidèles mais, comme souvent avec les smartphones, tout ce qui n’est pas au premier plan paraît comme aplati. Vous allez me dire, c’est le principe d’un égoportrait et je vous répondrai “certes”, mais je me dois de le preciser.

Egoportrait
Egoportrait

Le mode portrait est pour sa part assez réussi et disponible en mode normal et en mode ultra grand angle. Le détourage logiciel est clément avec les cheveux mais l’ensemble manque de contraste.

En basse luminosité, le smartphone s’en sort pas trop mal, on est loin des références du genre comme le Pixel 4 mais les clichés restent exploitables, malgré le bruit.

A noter la présence d’un mode nuit, utile en intérieur peu éclairé mais toujours avec des concessions à faire notamment sur la gestion du bruit et le rendu des couleurs.

C’est donc comme souvent là que, presque comme toujours, les concessions sont faites entre le milieu de gamme (comme le Nokia 7.2 ou l’Asus Zenfone 6)  et haut de gamme (comme le Huawei P30 Pro ou  Samsung Galaxy Note10). J’ai été un peu déçu par la qualité et m’attendais à mieux. Il y a sur ce point une vraie démarcation avec le 8 Pro (que j’ai pu avoir un main brièvement), qui s’en tire beaucoup mieux en photo.

En vidéo, la captation se fait en 1080p ou 4K à 30 ou 60 fps, un mode super-ralenti 240 fps à 1080p ou 480 fps à 720p.

Les vidéos sont nettes, précises et les meilleurs résultats sont obtenus en 4K à 30 images par secondes, avec une fluidité irréprochable.

Une autonomie exemplaire

Avec sa grosse batterie de 4300 mAh, compatible avec la recharge rapide Warp Charge 30W (5V/6A), le smartphone tient très facilement 2 journées en utilisation normale. C’est très impressionnant, surtout quand on sait qu’on récupère, grâce à la technologie Warp Charge, 50% de la capacité de charge en à peine 25 minutes ! De quoi voir venir ! 100% sont par ailleurs atteints en moins d’une heure.

Attention toutefois, ces chiffres ne sont valables qu’avec le chargeur inclus ET avec le câble dédié !

Un regret cependant, l’absence de recharge sans-fil malgré le dos en verre… On a donc le “pire des deux mondes” : un dos en verre (qui peut donc casser à la moindre chute) sans même bénéficier des rares avantages que ce choix présente, à savoir la recharge Qi.

En conclusion, et à la vue des performances, de l’autonomie et du design de ce OnePlus 8, on en vient à être déçu d’avoir un smartphone tout juste correct en photo. Un peu frustrant. La versatilité autorisée par les objectifs est appréciable mais le rendu est un peu décevant, surtout quand on voit ce que le Pro est capable de produire avec ses capteurs plus récents. Mais bien sûr, il fallait faire des compromis, ou au moins justifier les 200 € d’écart entre le 8 et le 8 Pro.

Le OnePlus 8 n’en demeure pas moins un excellent smartphone si la photo vous importe peu (si vous êtes déjà équipés d’un APN par exemple). A 699 €, on peut dire que OnePlus a quand même encore fait fort.

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