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[Test] Cowboy 2019 : le vélo électrique pour ceux qui aiment le vélo

VAE. Un acronyme que vous devez croiser de plus en plus souvent si vous vous intéressez un tant soit peu aux modes dits “alternatifs” de déplacement urbains depuis que la Mairie de Pairs a décidé de faire la guerre aux voitures maintenant que la question écologique est enfin au cœur des débats.

Des VAE il en existe de presque tous les types (VTT, VTC), pour (presque) toutes les bourses, pour toutes les morphologies et le Vélo à Assistance Électrique (VAE donc) que nous avons eu la grande chance de pouvoir tester juste avant son arrivée en France nous vient tout droit de chez nos amis Belges : j’ai nommé le Cowboy modèle 2019 (que je nommerai Cowboy tout court parce que ça lui va très bien).

Contexte et promesse : vissage de poignée

Passons rapidement sur le contexte en précisant que mon trajet domicile – travail est effectué en voiture, environ 9km, pour environ 30 minutes de trajet. Ça fait des années que mon ami Ben me tanne pour que j’essaie de faire ce trajet en vélo pour la planète/ma santé/gagner du temps. Oui mais voilà, j’habite derrière La Défense et je vais travailler pas loin du Mont Valérien : j’ai donc un sacré dénivelé positif à conquérir juste avant d’arriver au bureau. Et à titre personnel, je déteste commencer ma journée en arrivant en sueur au travail. Ben me répond : VAE. Et juste à ce moment là, bim, Cowboy, dont j’avais entendu parler il y a quelques mois annonce son arrivée en France courant juin.

Plus d’excuse, il faut que j’essaie, la météo est encore relativement clémente. Ni une ni deux, la demande est faite et on reçoit le vélo directement de Belgique. Par chance, on a même reçu une version plus récente et plus proche de la version finale qui sera expédiée aux acheteurs lors de la commercialisation et à ce titre, beaucoup de choses ont changé par rapport à ce que vous avez pu lire sur le Cowboy dans la presse jusqu’à maintenant (#TOTALEEXCLUCAPSLOCKYOUTUBE).

Alors, quelle est la promesse de Cowboy ? Sur le site officiel, la phrase d’accroche “TAKE THE STREETS. Ressentez la route. Et échappez au trafic”. Pas de doute, le vocabulaire utilisé inspire sportivité et agressivité, le Cowboy vise une clientèle urbaine qui n’aura pas peur de pédaler à vélo (sic) et pourra compter sur l’assistance électrique pour ne pas avoir à fournir trop d’effort au quotidien.

Et comment le VAE compte-t-il accomplir cette tâche ? En misant tout sur un moteur placé à l’arrière, sans bouton ni vitesses pour l’activer. En effet, l’assistance est intelligente et se fera en détectant l’impulsion dans le pédalier. En gros, quand le vélo sent que vous avez besoin d’assistance, le moteur s’active et peut vous aider jusqu’à une vitesse de 25km/h en ville (ou 30km/h en off-road winkwink) et avec 70km d’autonomie annoncée.

On a eu le Cowboy un peu plus de deux semaines, et hormis mes trajets domicile-travail j’ai prêté le VAE à Ben pour son trajet domicile-travail (La Défense – Paris 17), lui qui effectue ses déplacements qu’en vélo, pour avoir également le ressenti d’un cycliste aguerri. On a aussi fait des sorties vélo pour aller courir et des balades.

Alors qu’est-ce qu’on retient du Cowboy ?

Look et conduite : le Cowboy fait le trou

Impossible de ne pas évoquer l’allure résolument sportive du Cowboy. Dans une superbe robe noire mat, avec juste l’inscription “COWBOY” sur le cadre au niveau de la selle et le logo au dessus des diodes d’autonomies, le vélo ne passe, paradoxalement, pas DU TOUT inaperçu. L’absence totale de soudures apparentes réhausse encore l’aspect unique et haut de gamme du vélo de sorte qu’on a l’impression, en le regardant, que le cadre est fait d’une seule pièce d’aluminium. En parlant de regard justement, il accroche celui de toutes celles et ceux qui le voient : au feu, posé dans la rue, en deux roues en roulant à côté. Je n’ai pas compté le nombre de fois où on m’a arrêté dans la rue ou sur la route pour me demander “d’où sort ce vélo” ou encore “il est beau votre vélo, je peux faire un tour ?”. Et que dire des automobilistes et scooters qui, une fois cramés au démarrage, reviennent à hauteur en me dévisageant et en se demandant comment j’ai fait ça.

On en oublierait presque le poids du vélo, qui est quand même de 16kg (à le voir on croirait qu’il en pèse 10) avec la batterie, logée sous la selle le long du cadre et qui abrite le feu arrière (celui à l’avant étant parfaitement intégré au-dessus de la fourche). Ce feu arrière d’ailleurs est à intensité variable et s’allumera plus fort lorsque vous freinerez. Très appréciable. Et en parlant de freinage, il faut l’avouer, les disques hydrauliques imposants promettent un freinage précis et rapide (ce que j’ai pu vérifier “grâce” à une ouverture impromptue de portière qui a nécessité un freinage et une esquive rapide, effectuée sans encombre malgré les pneus relativement lisses du Cowboy). J’ai pu m’en étonner mais la tenue de route est parfaite, sur pavé ou goudron, sur chaussée sèche ou mouillée, je n’ai pas eu de mauvaise surprise.

On en vient donc à la conduite et à l’apport de cette assistance relativement singulière sur le marché (de nombreux VAE proposent une assistance avec des boutons, des vitesses). Pour démarrer le vélo (ou plutôt son assistance parce qu’il n’y a pas de blocage physique du moteur ou du vélo, on y reviendra), il faut lancer l’application (iOS/Android) et toucher le cadenas une fois à portée de Bluetooth du Cowboy. Les feux avant/arrière s’allument, les diodes indiquant l’autonomie sur le dessus du cadre s’illuminent, vous êtes prêts à décoller partir.

Dès la première pression sur la pédale on le sent, on est poussé par le moteur

Tous les démarrages et toutes les reprises après ralentissement se font sans aucun effort (sur du plat ou du faux plat en tout cas). On brûle certes moins de calories qu’en fixie mais au moins on n’arrive pas en nage en rendez-vous/au boulot/au cinéma.

Le pédalier détecte la pression que vous exercez dessus et adapte l’assistance en conséquence. J’ai peu d’élément de comparaison (le Cowboy étant le premier VAE que je teste) mais mon ami Ben a lui eu à de nombreuses reprises le loisir de tester différents modèles, de différentes gammes, et il confirme ce que je pense de la conduite du Cowboy :

il ne s’appelle pas “Sport” pour rien

L’assistance est appréciable pour quiconque cherche un peu d’aide au quotidien mais c’est véritablement quand on va chercher un peu les sensations qu’on ressent toute l’efficacité du vélo. Les poussées sont précises, l’équilibre du vélo est parfait, on se faufile avec une facilité déconcertante entre les obstacles (voir même un peu trop facilement d’après Ben : “tu prends trop la confiance”).

Ben insiste sur le côté “Singlespeed” du Cowboy et me fait remarquer que ça fait 30 ans que Decathlon vend à tous les Français des vélos avec 30 vitesses pour rouler à plat. Qu’en gros, le vélo est meilleur parce qu’il a plus de vitesses. D’après lui, pour ceux qui veulent velotafer, passer les vitesses devient très vite pénible à force. Il n’en a “que” 10 sur son Carpe et un dérailleur haut de gamme et c’était pour lui un pur plaisir ce guidon sans rien dessus. J’avoue que je n’ai pas trop d’avis sur la question même si j’ai bien apprécié le fait de n’avoir rien d’autre à faire sur le Cowboy que pédaler et freiner.

Autre point soulever par Ben après ses essais, la courroie au lieu de la chaîne. L’effet visuel est indéniable, ça fait plus propre (quoique propre après quelques tours de roues dans Paris reste un concept relatif) mais ça coûte cher et il aurait préféré une chaîne, complètement optimisée, moins chère, qui permettrait d’ajouter ne serait-ce que des pare-boue ou des pneus type “increvables”.

Ben a pu tester en parallèle du Cowboy un VAE avec un moteur pédalier haut de gamme qui offre, selon lui, une meilleure sensation de couple, mais le positionnement arrière du moteur sur le modèle 2019 est beaucoup plus ludique et sportif, et le poids réduit permet de bien ressentir les accélérations.

Point important à prendre en compte, le Cowboy est adapté aux personnes mesurant 1m70 ou plus, je mesure 1m75 et voilà ce que ça donne avec la selle au minium :

Les premiers retours sur le vélo ont fait ressortir que les français trouvent en général que l’assistance n’est pas assez présente en montée alors que chez nos voisins allemands et belges ce point n’a pas été soulevé. Une spécificité française peut-être, qui pourrait être résolue par une petite mise à jour du contrôleur pour s’adapter au marché local, éventuellement.

Enfin, pour parler un peu chiffres, les 70km d’autonomie annoncés ont été tenus quasi-systématiquement, et il nous a fallu un peu plus de 3h pour retrouver une charge à 100%. Détail à noter, si vous garez le Cowboy à l’extérieur et que vous comptez en extraire la batterie pour la recharger, pensez à prendre la selle avec vous si vous avez peur de vous la faire voler. En effet, c’est la batterie (verrouillée par une clé physique) qui cache les vis de la selle donc si la batterie est enlevée, la selle peut l’être également.

Application et accessoires : balade en chasse patates

Pour allumer et éteindre l’assistance il faut une application donc il faut un téléphone. Oui. Impérativement.

Est-ce un problème en 2019 ? Pas sûr. Mais c’est une chose à garder en mémoire, une raison de plus de ne pas oublier de recharger son tel sous peine de se retrouver avec un Singlespeed de 16kg et là c’est une toute autre histoire. Peut-être que pour les prochaines versions un petit port USB sur la batterie ou sur le cadre à l’avant pourrait permettre de recharger quelques minutes le téléphone si il est en rade, comme certains VAE le proposent.

Petite parenthèse sur la dépendance du vélo au smartphone : discréditer le Cowboy au seul motif qu’il dépende d’une application sur un smartphone qu’on a en permanence sur soi est un poil hypocrite à l’heure où tout le monde passe son temps dessus. On compte autant sur l’objet pour surveiller prendre des nouvelles de ses proches que pour choisir tel produit parce qu’il est bien noté sur Yuka. Donc oui c’est étrange d’avoir un objet entièrement dépendant de son téléphone mais non ce n’est pas rédhibitoire dans la mesure où on a de toute façon toujours cet objet greffé à notre main. Le seul et unique point important à soulever est sur le support sur le long-terme : quid du vélo si, à Dieu ne plaise, la boîte venait à mettre la clé sous la porte d’ici 5-10 ans ? Je suis persuadé qu’ils penseraient à une solution pour permettre aux acheteurs de ne pas se retrouver avec une brique de 16kg mais c’est un point à garder à l’esprit. Parenthèse refermée.

Pour autant, l’application ne sert pas qu’à allumer éteindre l’assistance, elle fait également office de compteur de vitesse, indique l’autonomie en temps réelle ainsi que l’assistance proposée par le VAE (toujours en temps réel, ce qui permet de constater en un clin d’oeil si vous êtes “compris” par le moteur ou pas => spoiler alert : 95% du temps oui).

Une navigation par GPS est également proposée, basée sur Mapbox et  je l’ai trouvée convenable dans les itinéraires suggérés quoiqu’un peu lente à recalculer en cas de détour. C’est surtout au niveau de la carte qu’on aimerait avoir un peu plus de flexibilité, comme un zoom/dezoom à l’approche d’une intersection, la possibilité de naviguer sur la carte etc. Mais tout ceci est logiciel et peut-être corrigé/apporté par des mises à jour. On apprécierait également un contrôle de la pression des pneus par exemple.

Lorsque vous coupez l’assistance, le Cowboy envoie sa position GPS et vous pourrez visualiser rapidement le dernier emplacement connu du vélo. En cas de vol, une fonction “déclarer mon vélo perdu” permet d’activer le traçage GPS même si la batterie n’est pas insérée dans le vélo, grâce à une puce alimentée par ailleurs qui donne l’emplacement du vélo à 5m près. La marque m’a informé réfléchir à des solutions pour “forcer” le voleur à abandonner le vélo comme une sirène, un moteur qui tourne en permanence pour empêcher le vélo d’être posé ou qui tournerait à l’envers carrément.

En ce qui concerne les accessoires, il faut bien comprendre que le vélo arrive vraiment nu (avec batterie et chargeur évidemment…) : pas de pare-boue (mais les montures sont standard donc si vous en avez vous pouvez parfaitement les installer sur le Cowboy, ce qu’on a fait pour tester avec Ben), pas de support de téléphone (le Quadlock prêté est très efficace quoique peut-être un peu bas), pas de pompe. Rien de choquant en soi, il faut juste penser à ses besoins et rajouter au delà des 1.990 € demandés.

Conclusion : chatouillons les pédales

Deux semaines et presque 220km avec le Cowboy plus tard, comment conclure ? Les mots qui me viennent tout de suite à l’esprit sont “révélation”, “confort”, “classe” et “futur”.

Révélation pour moi parce que je suis passé, du jour au lendemain, de “je ne vois pas comment je pourrai gravir cette cote tous les jours sans arriver en sueur au boulot” à “le VAE est la solution”. Que ce soit le Cowboy ou un autre bien sûr mais la solution existe. Et pour des trajets quotidiens urbains (vélotaf, sortie, soirée) je suis persuadé que le Cowboy est un allié de choix.

Confort pour plusieurs raisons, la principale étant la possibilité de retirer la batterie pour la charger, ce que tous les VAE de ce type ne permettent pas. Confort également pour l’agilité conférée, sur route pavée ou goudronnée (malgré une selle un poil dure il faut l’avouer) et la confiance qu’on ressent instantanément à son guidon. Bien évidemment si vous faites moins d’1m65-70 c’est plus compliqué et on attend impatiemment une version pour “plus petits gabarits”.

Classe, je pense que vous l’aurez saisi, ce vélo fait tourner les têtes. Il est noir mat donc pourrait passer totalement inaperçu mais ce n’est jamais le cas. L’assise haute, les câbles cachés, la batterie invisible, les feux avant/arrière moulés et puissants, tout ceci contribue au look d’enfer du Cowboy.

Et pour fini futur parce qu’au milieu des trottinettes casse-gueule et des scooters électriques je suis persuadé (et j’enfonce probablement des portes ouvertes) que le VAE est le futur de la mobilité urbaine. Si vous aimez le vélo mais avez peur comme moi de mouiller la chemise pour aller au boulot je ne saurai que vous conseiller d’aller chez un vélociste pour en essayer un. Pour ce qui concerne le Cowboy, 4 villes françaises sont couvertes pour des essais : Paris, Toulouse, Bordeaux et Lille avec un objectif de 100 villes prochainement (le site Cowboy met à jour la liste des villes).

Je reprends les éléments clés du langage utilisé pour le Cowboy par la marque : “TAKE THE STREETS. Ressentez la route. Et échappez au trafic”. Mission accomplie avec ce modèle 2019. Il s’adresse à un public qui n’a pas peur de pédaler, d’adopter une conduite un minimum sportive et qui procure de belles sensations au prix d’un effort contenu.

Chapeau bas Cowboy.

PS : Pour celles et ceux qui n’aiment pas trop pédaler prenez une trottinette électrique, avec un siège même si vous voulez, ça sera moins cher et vous ne fournirez aucun effort 😉

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Cowboy 2019
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