Canyon Precede:ON
Mobilités

[Test] Canyon Precede:ON : le VAE hors normes

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Le Canyon Precede:ON CF9 est le haut de gamme du fabricant allemand dans la gamme VAE de ville. Racé, bien équipé pour la ville et bourré de technologies, ce vélo urbain s’adresse à un public aisé, du haut de ses 4.999 euros. Voici notre avis après deux semaines en sa compagnie.

Un vélo racé au design travaillé

Impossible de ne pas attirer les regards au guidon de ce Precede:ON, tout sur lui trahit son standing. Intégration de la batterie amovible parfaite, aucun câble apparent, design général très sophistiqué malgré un minimalisme pourchassé dans le moindre détail : on est clairement dans le hors norme.

Disponible en deux coloris, Champagne et Anchor Grey, c’est dans sa première robe que nous avons pu le tester, en version cadre fermé (une version ouverte existe aussi).

Le cadre, qui a une forme très caractéristique, la courroie et les gros freins hydraulique dégagent une vraie impression de puissance et une stature à ce VAE.

La batterie, totalement intégrée au cadre peut-être rechargée dans le vélo ou bien retirée et branchée sur secteur avec le bloc fourni.

Bel effort de Canyon pour intégrer tous les câbles dans le cadre, c’est vraiment très bien fini !

Le VAE tout équipé !

Le Precede:ON est fourni en série avec de nombreux équipements bienvenus, à commencer par des feux avant/arrière (un peu trop faible à l’arrière d’où l’ajout du Knog Blinder Road sous la selle), des poignées ergonomiques, des freins à disques hydrauliques et des pare-boues.

Vous pouvez ajouter au tableau un porte-bagage qui supporte une charge maximale de 25 kg, compatible avec le système QL3.1 d’Ortlieb. Je possède une sacoche Ortlieb et c’est toujours un plaisir de retrouver ce système sur un vélo tant il est facile à utiliser.

Porte-bagage compatible QL3.1

Enfin, une béquille est également montée de base. Un mot sur cette dernière : elle fait le job, sans plus. Je n’ai pas aimé le fait qu’elle soit un peu lâche (malgré les tours de vis) et surtout j’ai eu droit à une grosse frayeur en installant ma fille (qui pèse 15kg + 2kg environ pour le siège) sur le porte-bagage : le vélo a tout simplement basculé autour de la béquille manquant de tout faire tomber… L’angle d’inclinaison est trop important pour supporter une charge sur le porte-bagage avec la béquille. A titre de comparaison, je n’ai aucun problème avec mon VAE personnel avec les mêmes équipement (et la même enfant bien sûr…).

Hormis ce point, le Precede:ON est tout à fait satisfaisant d’un point de vue équipement (encore heureux vu le prix vous me direz). Un mot sur l’antivol sur les photos, qui est une option et non un équipement de série. Il s’agit de l’antivol Abus Bordo Xplus logé sur le cadre sous la tige de selle et qui s’utilise avec la même clé que la batterie. Très pratique pour ne pas avoir à s’encombrer de deux clés différentes.

L'antivol en option

Bourré de technologies utiles, le Precede:ON est à la pointe

Qui dit VAE très haut de gamme dit technologies de pointe, crème de la crème. Sur ce point non plus, Canyon ne déçoit pas : moteur Bosch Performance Line CX qui délivre 85 Nm de couple, grosse batterie 500 Wh, affichage Bosch Kiox amovible (aimanté) qui peut, en option, faire office de clé indispensable pour démarrer l’assistance, moyeux automatique Enviolo avec courroie Gates pour ne jamais se soucier de passer les vitesses… On est servi !

Revenons en détails sur certains éléments pour bien apprécier l’équipement du Precede:ON.

Le moteur Bosch Performance Line CX en Gen4 est le plus puissant et efficace des moteurs du fabricant allemand. Il équipe de nombreux VAE et VTTAE haut de gamme, parfait donc pour gravir des cotes et/ou démarrer en trombe au feu vert. Malgré le fait que l’on soit sur un moteur pédalier (qui est soit-dit en passant la technologie que j’apprécie le plus pour son équilibre et sa réactivité), on sent l’efficacité et le couple du Gen4 à chaque instant. Nous y reviendrons plus bas dans l’article.

Bosch Performance Line CX

Pour l’autonomie, la batterie 500 Wh offre une autonomie comprise entre 100 et 40 km en fonction de la topographie de vos trajets et du mode d’assistance choisi.

En parlant d’autonomie et d’assistance, le module Kiox à écran couleur propose un affichage très clair et facile à lire, avec la possibilité de suivre un trajet de façon visuelle après configuration via l’application Bosch dédiée.

Deux boutons sont présents dessus, l’un pour allumer le module (et le vélo quand ils sont aimantés ensemble) et l’autre pour gérer l’éclairage avant/arrière. Le phare avant dispose par ailleurs de deux modes de puissance, qui peuvent être sélectionnés via la commande à côté de la poignée gauche. On se surprend très vite à faire des appels de phare pour communiquer avec les autres usagers de la route et on dispose d’un éclairage très appréciable en pleine nuit.

Je ne vais pas trop m’étendre ici sur le couple Enviolo + courroie Gates, nous allons y venir dans notre prochain chapitre. Sachez seulement qu’il s’agissait de ma première expérience avec un vélo automatique sans vitesses à passer. J’avais déjà fais l’expérience d’un VAE à courroie sur le très bon Cowboy v2 et mes commentaires au sujet de celle-ci demeure les mêmes : c’est très appréciable, propre, ça ne déraille pas, ça respire la solidité et c’est très silencieux.

Une conduite sportive après un petit passage par les réglages

Passons à ce qui est le plus important pour un test de VAE : la conduite. Qu’est-ce que ça fait de rouler sur un vélo bourrée de technos et qui fait tourner toutes les têtes ? Les passants savent-ils que vous roulez sur 5000 euros ? Les scooters comprennent-ils ce qu’il se passe quand vous les cramez au démarrage ? Est-ce qu’il faut être vexé quand un hipster en fixie vous regarde en vous jugeant et vous lâche un “oh une moto” plein de dégoût ? Je viens pour information d’un Moustache Samedi 28.1 et mon trajet quotidien (velotaf) m’emmène de La Garenne Colombes à St Cloud, en passant par La Défense et ses sous-terrains pleins de bus et de car et d’angles morts, en traversant Puteaux, Suresnes, en grimpant l’intense Boulevard Henri Sellier pour arriver au niveau de l’Hippodrome. Presque 8km donc, avec une grosse montée à l’aller, engloutis avec mon Samedi en environ 24 min et un peu moins de 22 min pour le retour.

La position de conduite sur ce Canyon allait forcément demander un temps d’adaptation. On passe d’une conduite haute et droite, qui domine les voitures et invite à la détente, à une conduite penchée vers l’avant qui incite plutôt à battre ses temps sur Strava et à se faufiler entre les obstacles. Le guidon droit et bas rend le Precede:ON très maniable malgré les énormes pneus et le poids relativement élevé du vélo (22,15 kg). On regrette vite la suspension de la fourche du Samedi à la première aspérité rencontrée mais la selle reste confortable et permet d’arriver à destination sans fesses endolories.

Mais avant de vraiment se sentir à l’aise au guidon de ce Precede:ON il faut passer par la case réglages du boîtier Enviolo. Via le module Kiox, il faudra alors régler la cadence de pédalage de base pour ne pas pédaler trop longtemps dans la semoule lorsque vous faites un départ arrêté. Pour ma part, une cadence à 70 rpm m’est apparue la plus adaptée. En effet, le moteur et le boîtier Enviolo ont besoin d’un ou deux tours de pédalier pour jauger la puissance à délivrer et se lancer. Concrètement, si vous avez besoin de beaucoup de puissance au démarrage vous allez faire deux tours avec quasiment aucune résistance dans le pédalier, ce qui est très déroutant au début je vous l’accorde. On prend néanmoins assez vite le pli mais c’est un point à ne pas négliger.

Et une fois en route, c’est un bonheur. On ne va pas se le cacher, se faufiler, dépasser, gravir des cotes, tout cela se fait sans aucun effort au guidon de ce Canyon. J’ai gagné sur mes trajets quotidiens environ 5min tout en forçant beaucoup moins dans la montée à Suresnes (en grimpant à 22km/h au lieu de 14 en Moustache).

Un VAE hors-normes sous tous ses aspects

Comment conclure un test sur un VAE que l’on a adoré tester et sur lequel on a adoré rouler pendant deux semaines mais qui coûte 4.999 euros ? Oui ce Precede:ON est un excellent vélo, oui Canyon y a mis tout ce qui se fait de mieux pour justifier le prix et proposer une expérience de pilotage unique. Mais il coûte 4.999 euros et en 2021, mettre une somme pareille dans un moyen de transport est plus que jamais réservé à une élite.

En revenant sur mon Samedi 28.1 j’ai dû réapprendre à démarrer après les scooters, à penser à passer mes vitesses et surtout à descendre les rapports quand je sais que je vais m’arrêter. Oui c’est plus contraignant mais on s’y remet vite, c’est moins confortable mais c’est largement supportable. Oui je mets 5 minutes de plus par trajet et je pousse un peu plus en montée… Mais tout ça n’est pas grave en soit.

Pourquoi dès lors proposer un test de ce type d’objets de luxe sur La Revue Tech me demanderez vous. Eh bien pour la même raison que nous vous proposons des tests de smartphones à 1000, 1200, 1500 euros là où il existe des téléphones tout aussi capables à 400-500 euros. Certaines personnes savent se contenter d’outils en lesquels ils ont confiance, et en connaissant leurs limites et leurs contraintes éventuelles, là où d’autres ne veulent que le meilleur pour avoir plus de confort, plus de puissance, moins de limites, à un coût.

Bon, et il y a aussi le fait que nous soyons ici de grands curieux de technologie en tout genre et que forcément quand on nous a proposé de tester cet OVNI nous n’avons pas pu dire non. J’ai découvert la courroie avec le Cowboy, je découvre le Bosch Performance CX et surtout la boîte automatique avec le Canyon. Ma soif de découverte est étanchée, je sais à quoi ressemble l’autre bout du spectre des VAE et j’ai encore plus hâte d’explorer ce qui se situe entre mon Samedi 28.1 et ce Precede:ON.

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