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[NSFW] La réalité virtuelle selon Dorcel : du fantasme à la réalité

Alors que les contenus pour adultes sont aujourd’hui facilement accessibles gratuitement sur internet et souvent mis en ligne par des non-professionnels, l’industrie pornographique se doit d’être de plus en plus créative. Marc Dorcel l’a bien compris et a peut-être trouvé la solution : la réalité virtuelle.
A l’origine du premier DVD interactif, et désormais de la première production de contenu en réalité virtuelle et 3D, Marc Dorcel nous a invités dans l’un de ses studios pour essayer en avant-première « la toute première expérience de réalité virtuelle de l’industrie du X. » et La Revue Tech y était.

La Revue Tech VR Gear

 

D’observateur à acteur

Arrivé sur les lieux, j’ai été accueilli par la Dorcel Girl Anna Polina qui, vêtue d’un tailleur noir, m’invite à m’allonger sur un lit avant de m’installer un casque Galaxy Gear VR et des écouteurs. Coupé du monde extérieur, une vidéo se lance : allongé sur le même lit, dans la même pièce, je ne suis subitement plus seul. A ma gauche, deux actrices s’embrassent, à ma droite, une infirmière se dévêtit et en face de moi, Anna, dans son même tailleur, mais désormais accompagnée d’une amie, s’approche vers moi…
Bien qu’on ne puisse rester que passif (on ne peut pas contrôler l’acteur, qui demeure immobile), l’expérience reste ultra immersive. Vous voyez au travers des yeux d’un autre, tout en pouvant regarder librement à 360° autour de vous, l’intensité du son variant alors très légèrement selon où vous regardez. Ajouté à cela un effet 3D bluffant, et on s’y croîtrait.
A noter que nous n’avons pas subi de vertige ou autre sensation de gêne. Peut être est ce dû à l’émotion, mais le Galaxy Gear, accompagné d’une production professionnelle, semble faire un très bon travail dans la gestion des images. Certains ont pu être légèrement gêné par le flou de l’arrière plan de la vidéo du à l’effet 3D, mais cela ne fut pas le cas de tout le monde.

Le début d’un nouveau genre ?


Contrairement à ce qui a déjà pu être fait outre Atlantique, il ne s’agit pas de personnages de synthèses mais un « vrai » film, ce qui pourrait signer l’arrivée d’un nouveau genre. Selon Gregory Dorcel, fils du fondateur de la société, cette expérience de RV-3D implique toutefois de repenser la façon de concevoir des contenus.
Techniquement, d’abord, il a fallu 14 GoPro HD et un gros travail de post production pour rassembler tous les angles de vue. Mais il faut également écrire un nouveau type de scénario : la vision à 360° implique un réalisateur et une équipe technique absente du lieu de tournage. Anna a également avoué la difficulté de tourner ce genre de scène puisque chaque actrice ne doit pas sortir du couloir de la caméra qui lui est assignée (pour faciliter le montage) et tout doit être filmé en plan séquence, ce qui interdit de faire des pauses et limite le nombre de prises.
Financièrement, aussi, puisqu’une telle séquence coûte 5 fois plus cher qu’un film classique : environ 40.000€ pour 15 minutes et 3 heures de tournage pour une séquence d’environs 6 minutes.
Indépendamment de ces considérations, le plus difficile est de parvenir à créer des expériences permettant de procurer des sensations inédites pour l’utilisateur.

La Revue Tech VR Gear

L’objectif est de créer une expérience inédite


Comme le souligne Grégory Dorcel, cette expérience n’a pas un objectif commercial sur le court terme mais plutôt de créer une expérience inédite. « Puisque nous existons grâce au public, c’est à lui de décider si cette technologie vaut le coût. » En tous cas, le terrain semble propice puisque les constructeurs (notamment Facebook), n’ont pas leur mot à dire s’agissant des contenus visionnés à partir de leurs casques. Reste à savoir si le public et les producteurs seront au rendez vous.

A l’heure où les contenus 3D se font rares et peinent à exploiter leur potentiel, ce genre d’expérience démontre que la réalité virtuelle a de l’avenir dans d’autres secteurs que le jeu vidéo ou le cinéma grand public et ne constitue pas qu’un gadget. Marc Dorcel a su exploiter l’expérience jusqu’au bout, et bien qu’elle ne laisse que peu de place au toucher, peut-être verrons-nous cette offre complétée par d’autres produits comme des objets connectés synchronisés avec le film.

Les deux expériences sont proposées dès aujourd’hui sur le site de Dorcel. Une version érotique gratuite et une version X payante, compatibles avec tous les casques de réalité virtuelle (Google Cardboard, Oculus, Samsung Galaxy Gear VR, etc.).

Merci à Chris et Justine d’avoir fait le déplacement et à l’équipe Dorcel pour leur accueil.

À propos de l'auteur
Aram Sulukdjian
Aram Sulukdjian
● Senior Editor pour La Revue Tech, dans le bain des nouvelles technologies depuis son premier StarTac.● Sous Android depuis son HTC Desire, ni les Blackberry ni les iPhone ne lui apportent autant de satisfactions et de frayeurs que lors du flash d'un recovery custom.● Egalement juriste, musicien et un peu sportif.● "Comme une journée bien remplie nous donne un bon sommeil, une vie bien vécue nous mène à une mort paisible." L. De Vinci.

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