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[Avis] Deux semaines avec le Sony VPL‑VW270ES : comment je vais vivre après ça ?

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2020 a rimé avec vente de notre vieux téléviseur et passage à la vidéo-projection. Le modèle entrée de gamme pour lequel nous avons opté est le BenQ W1090 en 1080p, qui fait très bien son office mais qui a surtout eu pour mérite de nous faire découvrir l’univers des vidéo-projecteurs (VP).

Et vous me connaissez, quand je mets un pied dans un univers, j’essaie d’aller voir ce qu’il y a au bout, tout en haut. Et tout en haut, dans notre cas, c’est le Sony VPL-VW270ES. Voici notre avis, après deux semaines en sa compagnie (imposante).

Une technique très haut de gamme sur un modèle abordable (à 5.000 €…)

Quelques détails techniques pour commencer. Sachez que le Sony VPL-VW270ES est équipé, en plus d’un sobriquet absolument pas user-friendly, de trois matrices SXRD qui lui permettent d’afficher une définition de 4 096 x 2 180 px. Pour les plus calés (ce n’était pas mon cas avant de me pencher sur le marché des vidéo-projecteurs), il s’agit de la vraie définition de la 4K (contrairement à la 4K/UHD en 3 840 x 2 160 px).

En termes de taille d’écran projetée, on parle de surfaces allant de 60″ à 300″. Avec un recul de 3m (mon cas), le zoom motorisé permet de passer d’une diagonale de 107 à 224 cm.

Je dis “modèle abordable” parce que c’est le premier VP de Sony (en terme de placement tarifaire) à bénéficier de cette technologie. Vous trouverez sur internet plein de VP “4K” à moins de 2.000 € mais prêtez bien attention à leurs caractéristiques, la plupart font de la “fausse” 4K (en faisant bouger les pixels notamment).

Quand on voit que le modèle au-dessus chez Sony, le VPL-VW570ES se négocie autour de 8.000 €, vous comprendrez pourquoi je dis “abordable”.

Celui qui nous intéresse propose une luminosité maximale de 1500 lumens, avec une durée de vie de la lampe estimée à 6000 heures et un niveau sonore minimum de 26dB. Si tous ces chiffres ne vous parlent pas beaucoup, ne vous inquiétez pas, je vous traduirai tout ça à la sauce La Revue Tech plus bas.

Mais si vous souhaitez avoir beaucoup plus d’informations techniques et de mesures professionnelles je vous redirige, comme souvent, vers Les Numériques.

Design et ergonomie : un beau mastodonte qui n’aura pas sa place partout

Adressons tout de suite l’éléphant dans la pièce : oui, le VPL-VW270ES est gigantesque. Pour référence, j’ai pris quelques photos du VP Sony à côté de mon BenQ, qui a grosso-modo le format d’un Macbook Air en plus épais.

A NE PAS METTRE DANS TOUS LES SALONS, CA C’EST INDENIABLE.

Au niveau des dimensions, on a affaire à un objet de 496 x 205 x 464 mm pour un poids de 14 kg !

Et pour transporter le tout ? Voilà :

Rien que ça. On est clairement sur du matériel destiné à des professionnels voire à des enthousiastes connaisseurs avertis. Et l’emballage annonce déjà la couleur.

Pour autant, Sony fait bien les choses et malgré mon statut de novice en la matière, je n’ai absolument pas été décontenancé par le VPL-VW270ES. Grâce en partie à la télécommande, de bonne facture et surtout très intuitive.

En termes de connectique et d’interface sur le VP, on dispose de boutons de commandes basiques sur une tranche, des entrées et sorties HDMI (2), un port USB 2.0, un port Ethernet, un interrupteur 12V pour la commande d’un écran motorisé, un port RS-232 et un connecteur pour un récepteur infrarouge optionnel.

Une qualité d’image impressionnante !

Après un passage par le Samsung 65Q9F et son impressionnante dalle 4K QLED, j’étais curieux de voir ce que donnerai de la 4K sur un VP. J’ai longtemps snobé ces appareils que je jugeais, sans vraiment en avoir testé sur le long court, incapable de produire le moindre rendu sérieux dès qu’on sortait de la condition optimale de la pièce en terme de luminosité, à savoir : volet, rideaux fermés, lumières éteintes, de nuit.

S’il est, très honnêtement, vrai qu’avec un projecteur entrée de gamme comme mon BenQ on galère un peu en termes de luminosité et de contraste, ça n’est pas le cas avec le Sony. J’ai pu l’utiliser pendant deux semaines, à l’approche du printemps et donc lorsque les jours rallongeaient. Avoir une pièce suffisamment sombre pour le BenQ demandait de fermer les volet là où avec le Sony aucun désagrément ne se faisait sentir.

Mais alors qu’est-ce que ça donne à l’utilisation ? Le VPL-VW270ES n’est pas doté de la moindre enceinte intégrée, ce qui est dommage vu le prix et la taille (le BenQ et beaucoup d’autres ont au moins un système d’appoint) mais on comprend la démarche : quand le but est de profiter du nec plus ultra de l’image, c’est qu’on peut investir pour avoir le nec plus ultra du son (oui, je dis nec plus ultra en 2020).

Un mot sur le son produit par les ventilateurs VP (si vous venez de l’univers de la TV vous ne vous attendez peut-être pas à avoir à prendre en compte ce critère mais pour le refroidissement de la lampe il faut bien ce type d’équipement) : il est négligeable, même en prenant soin de ne pas trop monter le volume on n’est jamais dérangé par les ventilateurs. Je ne peux pas en dire autant du BenQ qui oblige à monter un peu le volume pour faire oublier ses pales, mais bon…

J’ai donc utilisé mon Apple TV (non 4K, pour streamer Netflix, OCS, Youtube etc) et ma PS4 Pro (pour du jeu et pour du Blu-Ray 1080p et 4K UHD).

Utilisation avec Apple TV : grâce notamment à l’upscaling de la source 1080p (et aussi au meilleur contraste et à la meilleure luminosité) l’image produite est impeccable, bien plus belle à diagonale égale que celle projetée par mon BenQ (la comparaison est ici biaisée, bien sûr, mais vous êtes là pour un retour d’expérience honnête, pas pour une comparaison exhaustive du marché des VP 4K SXRD…). C’est plus fin, plus lumineux, plus fluide, plus contrasté (les noirs sont plus profonds et se détachent beaucoup mieux même sur mon mur blanc) bref, plus agréable à regarder. Pour le son, je le faisais sortir en Airplay sur ma Sonos One SL (notre article ici) ou sur la Beam (notre article ici) et je n’ai rien de particulier à dire dessus, c’est toujours propre et bien synchronisé.

Utilisation avec PS4 Pro : avec la console, on peut faire cracher un peu la bête pour voir ce qu’elle a dans le ventre et ce qu’elle vaut quand utilisée comme prévue… à l’exception près du son… que je dois faire sortir sur mon casque gaming SteelSeries faute d’enceinte reliée en filaire ou de système son correct (la Beam était déjà repartie :cry:).
Et là, que ce soit avec Death Stranding, Casino Royale en Blu-Ray 1080p ou Kingsman en Blu-Ray 4K c’est tout juste bluffant… Avoir la résolution 4K UHD sur un écran projeté de 3m de diagonale c’est un régal absolu… Je n’ose même pas imaginer ce qu’on peut obtenir comme ambiance avec un écran dédié et un vrai système son digne de ce nom…

Ah si, en fait je vois très bien : on obtient une vraie expérience Home cinema, ce pourquoi Sony a créé ce monstre qu’est le VPL-VW270ES, et ce en quoi il excelle très probablement. Mais même en l’état, et malgré son encombrement, je dois avouer avoir eu un sacré pincement au coeur au moment de le remettre dans sa gigantesque boîte…

2 commentaires

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Téo 21 octobre 2020 at 16 h 24 min

Bonjour,
Merci pour ce CR interessant, je possède également ce modèle.
J’avais précédemment un modèle Full HD et c’est assez incroyable le gain de qualité d’image, la fluidité et le rendu ce Sony. Le prix est très bien justifié.
Vous faites très bien de souligner que ce modèle est prévu pour des salles dédiés avec des toiles de qualité ou dans un salon avec une toile technique pour en admirer tout son potentiel et surtout avec une vrai image sonore (pas une barre de son ou boite à bruit) pour que l’immersion soit complête.
Dommage que vous n’aviez pas pu faire le test sur une toile dédié car comme vous le précisez, le Sony 270ES mérite mieux q’un mur blanc parce que sur une vrai toile de ciné, c’est du simple au double et la qualité d’image est même mieux qu’un cinéma. (car moins grande et donc plus lumineuse).
En effet , c’est du gâchis de mettre 5000€ juste sur le vp mais ignorer le budget toile et son qui doit être au moins équivalent au prix du SONY.
En tout cas ,en vidéo projection, le vrai 4K HDR est une technologie que seul JVC et SONY maitrise à l’heure actuelle, mais les prix sont au mini 5K€ pour le SONY et 6K€ pour le JVC.

Il existe en effet une technologie de simulation 4K en doublant les px et par exemple l’EPSON 9400 le fait très bien pour 2X moins cher. (et franchement la différence de netteté n’est pas perceptible à l’oeil nu)

Ensuite il y a des points important à comprendre sur le 2,4 ou 8K c’est que cette technologie est uniquement basé sur le nombre de pixels affiché à l’écran. Cela ne prend pas en compte la colorimétrie, le dynamisme, le nombre de NITS (Luminosité) etc qui ont un rôle beaucoup plus important que le nombre de pixels sur l’écran. C’est pourquoi il y a des télés 4 K à 400€ et d’autre à 4000€. Qu’il y a des VP 4K (simulé ou pas) à 1500€ et des VP à 20 000€, même en full HD.
Par exemple une télé 55 pouces, à 2 mètres de distance pour quelqu’un qui à une vue normale ne pourra pas voir la différence entre 2 millions de pixels (Full HD) et 8 millions de pixels (4K) affiché à l’écran.
A moins d’être à 1 mètres de l’écran c’est impossible de voir ce niveau de détail à cette distance.
Sur un VP, avec 3 mettre de base d’image à 3 mètres de distance, oui le gap de netteté est visible vis à vis d’un full HD, mais pas non plus hallucinant.
Donc en résumé, le Sony n’est pas qu’un simple VP 4K qui affiche 3X8 millions de pixels (technologie 3LCD), il apporte aussi une grande palette de colorimétrie, une luminosité et un dynamisme de l’image qui justifie son prix.

Bien à vous.

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Aram
Aram 21 octobre 2020 at 19 h 56 min

Merci pour votre retour très complet sur ce VP, qui aidera à n’en pas douter nos lecteurs 🙂

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